Publié le 21 novembre 2025 à 21h36. Le Festival du film de Doha s’est ouvert jeudi soir avec la projection poignante de « La Voix de Hind Rajab », un film tunisien qui met en lumière la situation à Gaza et confirme l’ambition du Qatar de devenir un acteur majeur du cinéma arabe et international.
- Le film « La Voix de Hind Rajab » a été présenté en première au Moyen-Orient en présence de la mère de la jeune Hind Rajab.
- L’Institut du cinéma de Doha (DFI) a été le premier financeur du film et réaffirme son engagement envers le cinéma de qualité.
- Plusieurs personnalités du monde du cinéma sont attendues au festival, qui se déroule du 20 au 28 novembre.
La cérémonie d’ouverture, qui s’est tenue dans le village culturel de Katara, a été marquée par l’émotion suscitée par le film de Kaouther Ben Hania. « La Voix de Hind Rajab » relate l’histoire tragique d’une fillette palestinienne de six ans, retrouvée morte dans une voiture après une attaque israélienne à Gaza. La présence de Wissam Hamada, la mère de Hind, a particulièrement touché l’assistance. Sur scène, elle a déclaré :
« J’ai perdu ma fille, mais je n’ai pas perdu mon humanité. »
Wissam Hamada, mère de Hind Rajab
L’intensité émotionnelle du film est d’autant plus forte que Wissam Hamada n’a pas pu le regarder en entier, incapable d’entendre l’enregistrement de la voix de sa fille. Kaouther Ben Hania a souligné l’importance de cette première présentation à Doha :
« Il y a un grand rassemblement autour du film à Doha. »
Kaouther Ben Hania, réalisatrice
Elle a également précisé qu’il s’agissait de la première rencontre entre les acteurs et les véritables membres de la Croix-Rouge palestinienne qu’ils incarnent à l’écran.
Le choix du Qatar pour lancer « La Voix de Hind Rajab » revêt une signification particulière, compte tenu du rôle de médiateur du pays dans les négociations de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Fatma Hassan Alremaihi, PDG de l’Institut du cinéma de Doha, a rappelé que le DFI avait été le premier à soutenir financièrement le projet et qu’il entendait renforcer son engagement en faveur du cinéma arabe.
« DFI a fait de l’âge d’or du cinéma arabe un chapitre essentiel de l’histoire collective mondiale, où l’engagement à long terme rencontre l’impact à long terme. »
Fatma Hassan Alremaihi, PDG de l’Institut du cinéma de Doha
Lors de la cérémonie d’ouverture, Cheikha Al-Mayassa bint Hamad bin Khalifa Al Thani, présidente du DFI, a remis les DFF 2025 Creative Excellence Awards à l’acteur égyptien Jamal Soliman et à l’actrice iranienne Golshifteh Farahani (« Body of Lies »). Dans les prochains jours, le festival accueillera également Steven Soderbergh, Ramy Youssef, Michaela Coel, Mo Amer, Saleh Bakri, Hiam Abbas et Annemarie Jacir. Parmi les dirigeants de l’industrie présents, on notera Stuart Ford (chef d’AGC Studios), Tom Quinn (PDG de Neon) et Jon Glickman (PDG de Miramax).
La première édition du Festival du film de Doha se poursuivra jusqu’au 28 novembre.
À lire aussi
