Le cofondateur de Google, Sergey Brin, a publiquement reconnu l’échec retentissant des Google Glass, un projet ambitieux qui n’a jamais réussi à convaincre le grand public. Lors d’une conférence à l’occasion du centenaire de la faculté d’ingénierie de Stanford, il a détaillé les erreurs de gestion qui ont conduit à cet insuccès.
Brin a confié s’être laissé emporter par un sentiment d’euphorie, se comparant à Steve Jobs et précipitant le lancement d’un produit qui n’était pas suffisamment abouti. « J’avais l’impression d’être comme Steve Jobs », a-t-il admis devant l’auditoire, « submergé par l’enthousiasme et accélérant les délais de lancement. »
La présentation initiale des Google Glass, marquée par des démonstrations spectaculaires incluant des parachutistes et des cascadeurs, contrastait fortement avec les limitations techniques de l’appareil. Le prototype se révélait encombrant, son appareil photo ne proposait qu’une résolution de 5 mégapixels, et son logiciel était encore immature.
Outre ces défauts techniques, le prix élevé – plus de 1 500 $ (environ 1 400 €) – et les inquiétudes persistantes concernant la protection de la vie privée ont également dissuadé les consommateurs. Brin a reconnu que le lancement était un véritable « pari », fondé sur la conviction que la force de la marque Google suffirait à transformer un prototype en produit fini.
En fin de compte, l’expérience a servi de leçon. « L’innovation demande de la prudence et qu’un produit doit être véritablement prêt avant d’être révélé au public », a conclu Sergey Brin, soulignant l’importance d’une approche plus mesurée et d’un développement complet avant de proposer un produit au marché.