L’inflation au Royaume-Uni s’est avérée plus tenace que prévu en octobre, atteignant 3,6 %, mais continue de refluer par rapport aux 3,8 % enregistrés le mois précédent. Cette persistance pourrait inciter les membres les plus intransigeants du Comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre à adopter une position plus ferme lors de leur prochaine réunion en décembre.
Cependant, l’impact de l’indice des prix à la consommation (IPC) britannique est souvent éclipsé par d’autres événements majeurs, notamment la publication imminente du budget d’automne la semaine prochaine. Les marchés attendent avec impatience les annonces de la chancelière Rachael Reeves et sa stratégie pour maintenir la discipline budgétaire.
Aux États-Unis, les données de septembre seront révisées jeudi, avant que l’attention ne se porte sur les indices des directeurs d’achat (PMI) mondiaux vendredi. Les résultats des entreprises, attendus plus tard dans la journée, pourraient également influencer les marchés.
L’évolution de ces différents facteurs, notamment les procès-verbaux du Comité fédéral de la politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale américaine, reste incertaine. Les récentes déclarations de la Fed, adoptant un ton plus restrictif, suggèrent une prudence accrue. À ce stade, le taux de change entre la livre sterling et le dollar américain (GBP/USD) demeure stable, en attendant ces publications clés.
Le budget britannique, un moment décisif pour la livre sterling
À une semaine du budget d’automne, les marchés financiers sont sur les nerfs. Les rendements des obligations britanniques ont augmenté de manière significative et la livre sterling s’est affaiblie, reflétant cette incertitude. La question centrale est de savoir si cette hausse des rendements est due à des facteurs spécifiques au Royaume-Uni ou à une tendance mondiale, notamment au Japon.
La situation s’est compliquée après des informations selon lesquelles le gouvernement britannique aurait renoncé à son projet d’augmentation de l’impôt sur le revenu. Cette décision soulève des interrogations quant à la manière dont un déficit budgétaire estimé à 30 milliards de livres sterling (environ 37,5 milliards d’euros) sera comblé. La chancelière Reeves devra convaincre les investisseurs mercredi prochain, sous peine de voir les actifs britanniques chuter.
Le dollar américain profite de la prudence des investisseurs
Dans un contexte d’aversion au risque, le dollar américain retrouve de l’attrait en tant que valeur refuge. L’indice DXY, qui mesure la force du dollar par rapport à un panier d’autres devises, est en hausse pour le quatrième jour consécutif. Cette dynamique est également soutenue par une réévaluation prudente des perspectives de baisse des taux d’intérêt aux États-Unis, suite aux récentes déclarations de la Fed.
La probabilité d’une baisse des taux en décembre est désormais estimée à 11 points de base, ce qui réduit la probabilité implicite à environ 50 %. Les traders se tourneront vers le rapport sur l’emploi de septembre, publié jeudi, qui devrait indiquer la création de près de 60 000 emplois, avec un taux de chômage stable à 4,3 %.
Les PMI, un second rôle
Les indices PMI mondiaux, publiés vendredi 21 novembre, apporteront des données supplémentaires sur l’activité économique au Royaume-Uni et aux États-Unis, mais leur impact sur le GBP/USD devrait être limité. Les prévisions suggèrent que l’indice PMI manufacturier britannique restera légèrement en dessous de 50,0, tandis que l’indice des services devrait se maintenir juste au-dessus de 52,0, des niveaux similaires à ceux observés ces derniers mois. Aux États-Unis, les indices PMI devraient également rester stables, à 52,0 pour le secteur manufacturier et à 54,6 pour les services.
Toutefois, l’attention des investisseurs reste concentrée sur le budget britannique du 26 novembre. Les informations concernant l’abandon du projet d’augmentation de l’impôt sur le revenu exercent une pression supplémentaire sur les prévisions pour le GBP/USD, en raison des incertitudes quant à la manière dont le déficit budgétaire sera comblé.
Niveaux techniques à surveiller
La zone entre 1,3100 et 1,3140 est un niveau clé à surveiller. Le GBP/USD y avait précédemment formé un double bottom en début d’année, avant que ce niveau de support ne cède en novembre. Depuis lors, la paire de devises oscille autour de cette zone, sans parvenir à s’en éloigner de manière décisive. Si les acheteurs parviennent à maintenir le cours au-dessus de ce niveau, ils pourraient viser 1,3200, puis 1,3250. Une cassure décisive en dessous de 1,3100-1,3140 ouvrirait la voie à 1,3050, puis à 1,3000.
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