Publié le 5 novembre 2025 à 17h54. L’administration Trump étudie des options militaires pour déstabiliser le régime de Nicolás Maduro au Venezuela, allant de frappes ciblées à une intervention plus large, malgré des risques considérables et des doutes internes.
- Des conseillers de Donald Trump proposent des actions militaires contre le Venezuela, incluant des bombardements et des opérations spéciales visant à renverser Nicolás Maduro.
- Le déploiement militaire américain dans la région s’intensifie avec l’arrivée imminente du porte-avions USS Gerald R. Ford et le maintien de 10 000 soldats déjà déployés.
- Donald Trump hésite, conscient des risques militaires, juridiques et politiques d’une intervention au Venezuela.
Washington examine plusieurs scénarios pour faire pression sur le régime de Nicolás Maduro, selon des informations révélées par le New York Times. Parmi les options envisagées figurent des frappes aériennes précises contre des installations militaires liées au trafic de drogue, dans le but d’affaiblir le soutien dont bénéficie Maduro et de forcer sa fuite ou sa capture. Cependant, des voix s’élèvent pour souligner que de telles actions pourraient paradoxalement renforcer l’unité des Vénézuéliens autour de leur dirigeant.
Une approche plus audacieuse consisterait à déployer des unités d’élite, telles que la Delta Force (l’unité d’opérations spéciales de l’armée américaine) ou la SEAL Team 6, pour neutraliser directement Maduro, c’est-à-dire le capturer ou l’éliminer. L’administration Trump pourrait justifier une telle action en le présentant comme le chef présumé du « Cartel des Soleils », une organisation désignée comme groupe narcoterroriste, ce qui l’exonérerait, selon la législation américaine, des protections accordées aux chefs d’État étrangers.
La troisième option, la plus ambitieuse, prévoit l’occupation par des unités antiterroristes des aérodromes et des champs pétroliers vénézuéliens, en privilégiant l’utilisation de drones et d’armes à longue portée afin de minimiser les risques pour les troupes américaines.
Ce renforcement de la présence militaire américaine dans la région s’accompagne de l’arrivée, à la mi-novembre, du porte-avions USS Gerald R. Ford, transportant 75 avions et 5 000 marins. Il rejoindra les 10 000 soldats déjà déployés, ainsi que des bombardiers B-52 et B-1 et les hélicoptères d’élite du 160e Régiment d’aviation d’opérations spéciales.
« Une action au Venezuela impliquerait un triple risque : militaire, si l’opération échoue ; juridique, si le Congrès remet en question la manœuvre juridique ; politique, si les électeurs se souviennent de la promesse de mettre fin aux « guerres sans fin ».
New York Times
Malgré ces options, Donald Trump se montre prudent. Ses conseillers soulignent qu’il hésite face à la possibilité d’un échec humiliant ou de pertes américaines, et qu’il s’interroge constamment sur les bénéfices potentiels d’une intervention. L’accès au pétrole vénézuélien, qui possède les plus importantes réserves mondiales, serait un enjeu majeur.
En octobre dernier, Trump avait déjà rejeté les concessions proposées par Maduro – contrats préférentiels pour les entreprises américaines, réorientation des exportations chinoises, fin des accords avec la Russie et l’Iran – et, depuis, le déploiement militaire s’est accéléré. Le secrétaire d’État Marco Rubio et Stephen Miller, chef de cabinet adjoint et conseiller à la sécurité nationale de Trump, insistent pour obtenir la démission du chef du régime chaviste, selon le New York Times.
Le ministère de la Justice américain travaille également à élaborer un argumentaire juridique permettant de qualifier Maduro de chef narcoterroriste, l’assimilant ainsi à Qassem Soleimani, ancien général iranien, et d’éviter ainsi de devoir obtenir l’approbation du Congrès pour agir contre le régime vénézuélien.
En public, Trump affiche une attitude ambiguë : il nie l’imminence d’une guerre, tout en affirmant que « les jours de Maduro sont comptés ». La Maison Blanche dément tout plan précis – « nous n’attaquerons que les trafiquants de drogue », assure son porte-parole – pendant que le Gerald R. Ford traverse l’océan Atlantique.
Le New York Times souligne également l’absence de plan concret pour l’après-intervention, soulignant que renverser un régime est une chose, mais le gouverner en est une autre. « Si M. Trump choisit cette voie, il n’y a aucune garantie qu’il réussisse ni qu’il puisse garantir l’émergence d’un nouveau gouvernement plus sympathique aux États-Unis », conclut le journal.
