Édition française
En continu
---Advertisement---

Affaires

Le gouvernement fédéral ne doit pas céder : le profit n’a pas sa place en éducation à la petite enfance

Publié le 8 décembre 2025. Le gouvernement fédéral canadien est sous pression pour maintenir ses engagements en matière de garde d'enfants abordable, alors que certaines provinces cherchent à favoriser les opérateurs à but lucratif au détriment des services…

Le gouvernement fédéral ne doit pas céder : le profit n’a pas sa place en éducation à la petite enfance

Publié le 8 décembre 2025. Le gouvernement fédéral canadien est sous pression pour maintenir ses engagements en matière de garde d’enfants abordable, alors que certaines provinces cherchent à favoriser les opérateurs à but lucratif au détriment des services publics et sans but lucratif.

  • Le gouvernement fédéral doit résister aux pressions pour assouplir les règles concernant le financement des garderies privées.
  • Les provinces de la Saskatchewan et de l’Ontario tentent de négocier des accords qui permettraient d’augmenter le financement des garderies privées.
  • Des investissements accrus dans les salaires et les conditions de travail des éducateurs et éducatrices sont essentiels pour résoudre la pénurie de personnel.

Ottawa est confronté à un défi de taille dans la mise en œuvre de son programme pancanadien d’apprentissage et de garde des jeunes enfants. Alors que le premier ministre Justin Trudeau a fait de cette initiative une priorité, son successeur, Justin Carney, est sous le feu des critiques pour avoir potentiellement délaissé certains engagements clés. La question du financement des garderies à but lucratif est au cœur des tensions actuelles avec plusieurs provinces.

Récemment, la Saskatchewan a renouvelé son accord avec le gouvernement fédéral pour une durée de cinq ans, ce qui a été accueilli favorablement par les parents, qui bénéficient désormais de frais de garde réduits d’environ un tiers par rapport à 2021. Cependant, cet accord inclut une clause controversée autorisant les opérateurs privés à recevoir des fonds publics. Une approche qui, selon les critiques, risque de compromettre la qualité et l’accessibilité des services.

L’Ontario, de son côté, a opté pour un renouvellement d’un an seulement de son accord. Cette stratégie, selon des observateurs, vise à donner à la province le temps de négocier un accord plus favorable, permettant une plus grande part des fonds fédéraux d’être allouée aux garderies privées. L’accord actuel exige qu’au moins 70 % des places subventionnées pour les enfants de moins de six ans soient offertes par des organismes à but non lucratif ou publics.

L’orientation initiale du programme fédéral, qui privilégiait les fournisseurs publics et à but non lucratif, visait à garantir que les fonds publics soient utilisés pour améliorer directement les services offerts aux familles, plutôt que pour augmenter les profits des entreprises privées. Cette approche était également perçue comme un moyen de maintenir des normes de qualité élevées, souvent compromises dans les centres à but lucratif où les coûts sont réduits au minimum pour maximiser les bénéfices.

Bien que populaire, le programme d’apprentissage et de garde des jeunes enfants n’est pas exempt de défis. Les longues listes d’attente, l’accès inégal aux services et la pénurie de personnel qualifié persistent. L’Ontario et la Saskatchewan soutiennent que le secteur privé pourrait contribuer à résoudre ces problèmes, mais les critiques craignent que cela ne se fasse au détriment de la qualité et de l’équité.

Selon Candace Rennick, secrétaire-trésorière nationale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), augmenter les subventions aux opérateurs à but lucratif ne résoudra pas le problème de l’accès. Elle souligne que ces entreprises ont tendance à s’implanter dans les zones les plus rentables, laissant les communautés défavorisées sans services adéquats. Texte original.

« En supprimant le plafond imposé au secteur privé, les « déserts de services » se multiplieront et de trop nombreuses familles se retrouveront sans places pour leurs enfants. »

Candace Rennick, secrétaire-trésorière nationale du SCFP

Pour améliorer l’accès aux services, le SCFP propose deux solutions principales : attirer et retenir davantage de personnel dans le secteur de la petite enfance, et utiliser les infrastructures publiques existantes, telles que les écoles et les hôpitaux, pour créer de nouvelles places. Un rapport du vérificateur général de l’Ontario, publié en octobre, estime que la province aura besoin de recruter 10 000 éducateurs et éducatrices supplémentaires d’ici 2026.

Le SCFP insiste sur la nécessité d’augmenter les salaires et d’améliorer les avantages sociaux des travailleurs de la petite enfance, qui sont souvent sous-payés et manquent de sécurité d’emploi. L’organisation appelle également le gouvernement fédéral à augmenter le financement et à exiger des provinces qu’elles mettent en œuvre des solutions qui élargissent l’accès aux services, protègent les travailleurs et rendent les services plus abordables pour les familles.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.