Publié le 2025-11-21 18:32:00. Face à une pression internationale croissante, le gouvernement vénézuélien a lancé une série biographique ambitieuse visant à réhabiliter l’image de Nicolás Maduro et à contrer les accusations portées contre lui, notamment par les États-Unis.
- Le Venezuela dévoile une série audiovisuelle intitulée « Nicolás » pour présenter le président Maduro sous un jour favorable.
- La production retrace le parcours de Maduro, de son enfance à son engagement politique aux côtés d’Hugo Chávez.
- Cette initiative intervient dans un contexte de tensions accrues avec Washington, qui a récemment désigné un cartel lié à Maduro comme organisation terroriste.
Caracas a présenté le 20 novembre une production audiovisuelle d’envergure, baptisée simplement « Nicolás », dont l’objectif affiché est de déconstruire les « récits inventés » sur le président vénézuélien. La série, qui se veut une biographie romancée, cherche à façonner une image de Maduro en tant que « président-ouvrier », ancré dans le quotidien du peuple et dévoué à la révolution bolivarienne.
Les cinq premiers épisodes de la série se concentrent sur la jeunesse de Nicolás Maduro, entre 1970 et 1990. Ils mettent en scène un jeune homme tiraillé entre une carrière prometteuse dans le baseball, avec une bourse potentielle aux États-Unis, et son engagement croissant dans la cause socialiste. La production explore ainsi les prémices de son parcours politique, en soulignant son influence par la figure d’Hugo Chávez.
Lors de la première de la série, Nahum Fernández, chef du gouvernement de la capitale, a défendu cette production en affirmant qu’elle racontait une « histoire vécue et réelle » qui élève Maduro au rang de « grand héros » pour de nombreux Vénézuéliens. Il a souligné le rôle de la série comme outil de défense idéologique.
« Cette série raconte une histoire vécue et réelle qui élève Maduro à la catégorie de grand héros pour de nombreux Vénézuéliens. »
Nahum Fernández, chef du gouvernement de la capitale
Liz Biscochea, organisatrice communautaire du Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV), a également insisté sur la nécessité de cette production pour que le monde « connaisse l’essence de ce processus révolutionnaire », selon ses propres termes.
Le lancement de cette série intervient à un moment particulièrement tendu. L’administration de Donald Trump a récemment intensifié la pression militaire dans la région des Caraïbes et a désigné le Cartel des Soleils – un groupe que Washington accuse d’être lié à Maduro et à de hauts responsables militaires – comme une organisation terroriste. La série biographique vise donc à contrer ces accusations et à présenter une version alternative des faits.
Pour toucher un public international, la série propose des sous-titres en anglais, une langue que Maduro utilise de plus en plus fréquemment dans ses discours. La deuxième saison, dont la première a été dirigée par le président lui-même, se concentre sur la relation étroite qui unissait Maduro à l’ancien président Chávez.
Cependant, cette production ne fait pas l’unanimité. Le professeur León Hernández, de l’Université catholique Andrés Bello, a souligné que, si la série « recrée les principales lacunes des gouvernements précédents », elle souffre également de « biais narratifs » importants. Il estime qu’elle cherche à créer une vision héroïque de Maduro tout en « éludant » des questions sensibles telles que la crise humanitaire qui frappe le Venezuela ou le sort des prisonniers politiques.
« La série encourt également un certain nombre de biais narratifs créer une vision héroïque » de Maduro, tout en « éludant » les questions sensibles comme la crise humanitaire ou les prisonniers politiques.
León Hernández, professeur à l’Université catholique Andrés Bello
