Publié le 5 janvier 2024 09h04. La compagnie aérienne portugaise TAP Air Portugal attire les convoitises des grands groupes européens, alors que le gouvernement portugais lance la phase décisive de sa privatisation.
- Air France-KLM, IAG et Lufthansa Group sont en lice pour acquérir une participation de 44,9 % dans TAP.
- Le Brésil représente un marché clé pour TAP, avec une part de marché de 24 % sur les liaisons avec l’Amérique du Sud.
- Les offres sans engagement doivent être soumises avant le 2 avril, incluant une clause d’earn-out basée sur la performance future de la compagnie.
TAP Air Portugal est considérée comme la dernière opportunité attractive dans le processus de consolidation du secteur aérien européen. La compagnie nationale portugaise joue un rôle crucial dans le transport de passagers vers le Brésil, le plus grand et le plus important marché d’Amérique du Sud, où elle détient une part de marché significative de 24 %, la plaçant largement en tête de ses concurrents européens.
Le gouvernement portugais a achevé le 19 décembre la présélection des candidats à la privatisation et a chargé Parpública, son holding public, de transmettre aux trois groupes retenus les documents détaillant les conditions de vente de 44,9 % des actions de TAP. Air France-KLM, IAG et Lufthansa Group ont désormais la possibilité de préciser leurs offres et de soumettre des propositions non contraignantes, incluant un prix indicatif pour la participation minoritaire et une proposition sur la manière dont l’État actuel pourrait bénéficier des futures valorisations de la compagnie.
Cette participation aux futures valorisations prend la forme d’une clause d’earn-out, un mécanisme par lequel une partie du prix d’achat (5 % supplémentaires des actions étant réservés aux employés) serait versée ultérieurement en fonction des résultats de TAP. Les trois groupes doivent également indiquer si le paiement de cette partie variable se fera en espèces ou par échange d’actions propres.
Au-delà du prix, les candidats doivent également présenter leur vision pour le développement futur de TAP, en mettant en avant les synergies potentielles et en garantissant le maintien de l’importance du hub de Lisbonne. La date limite pour le dépôt des offres est fixée au 2 avril. Parpública analysera ensuite les propositions et présentera ses conclusions au gouvernement dans les 30 jours suivants. Les offres les plus prometteuses seront invitées à soumettre des offres fermes, avec un délai pouvant aller jusqu’à 90 jours, potentiellement réduit si nécessaire. Une nouvelle évaluation sera effectuée par Parpública avant que le gouvernement portugais ne prenne sa décision finale, qui pourrait aboutir à une acceptation immédiate de l’offre ou à l’ouverture de négociations.
IAG, le groupe hispano-britannique propriétaire d’Iberia, est considéré comme le moins bien placé. Son échec lors de la tentative d’acquisition d’Air Europa, bloquée par les autorités européennes de la concurrence en raison de craintes de concentration du pouvoir, pèse sur ses chances. La Commission européenne pourrait également s’opposer à une acquisition de TAP par IAG, car la compagnie portugaise représente la seule alternative à Iberia sur la liaison entre la péninsule ibérique et l’Amérique du Sud.
Air France-KLM et Lufthansa Group apparaissent donc comme les favoris. Le groupe franco-néerlandais pourrait renforcer son réseau de hubs en Europe, tandis que Lufthansa, qui a déjà pris une participation dans ITA Airways (environ 5 % de part de marché), consoliderait sa présence en Amérique du Sud.
