Publié le 1er décembre 2025 à 19h01. Face à une flambée des prix immobiliers alimentée par les investissements étrangers, le gouvernement japonais se prépare à renforcer le contrôle sur les transactions foncières et immobilières, notamment en créant une base de données centralisée.
- Le gouvernement japonais prévoit de créer une base de données recensant la nationalité des propriétaires de biens immobiliers, en particulier ceux dont la nationalité n’est pas actuellement déclarée.
- Cette initiative s’accompagne d’une volonté de réglementer l’acquisition indirecte de biens immobiliers par des capitaux étrangers, en exigeant la déclaration de la nationalité des actionnaires et dirigeants des sociétés acquéreuses.
- La décision intervient après une augmentation record des achats immobiliers par des étrangers, notamment en raison de la faiblesse du yen, et suite à des critiques concernant la spéculation immobilière.
Tokyo entend ainsi mieux maîtriser l’impact des investissements étrangers sur le marché immobilier japonais, qui est actuellement caractérisé par une réglementation relativement souple en matière d’acquisition de biens par des non-résidents. Les étrangers peuvent acquérir des terrains et des bâtiments aux mêmes conditions que les citoyens japonais, quel que soit leur statut ou leur visa.
Selon le quotidien japonais Yomiuri Shimbun, le gouvernement envisage de mettre en place cette base de données intégrée d’ici à l’exercice fiscal 2027, après consultation des ministères concernés. Elle permettra d’identifier rapidement les biens immobiliers détenus par des étrangers à l’échelle nationale.
L’initiative ne se limitera pas aux habitations classiques. Elle inclura également les forêts, les terres agricoles, les transactions foncières à grande échelle relevant de la loi sur l’aménagement du territoire national, les îles proches des frontières et les terrains situés à proximité d’installations sensibles, telles que les bases militaires américaines et les camps d’autodéfense. Cette dernière précision suggère une volonté de renforcer la sécurité dans les zones stratégiques.
Plusieurs responsables gouvernementaux ont confirmé que la Première ministre Sanae Takaichi a ordonné, le 4 novembre dernier, un examen des méthodes d’acquisition de terres par des étrangers et des conditions réelles de ces transactions, y compris l’étude de la nécessité d’une réglementation plus stricte. Les ministères concernés – le Secrétariat du Cabinet, le ministère de la Justice, le ministère des Terres, des Infrastructures, des Transports et du Tourisme, ainsi que l’Agence numérique – ont entamé des discussions en vue de mettre en œuvre ces mesures dès 2027.
Cette décision intervient dans un contexte de forte augmentation des achats immobiliers par des étrangers, dopée par la dépréciation du yen. Au premier semestre 2025 (janvier à juin), ces achats ont atteint un niveau record de 1 140 milliards de yens (environ 7,6 milliards d’euros). L’affaire d’un acheteur chinois ayant acquis 23 immeubles dans la région métropolitaine au cours de l’année écoulée a récemment mis en lumière cette tendance et suscité des inquiétudes.
Le gouvernement japonais s’inspire également des mesures prises par d’autres pays. Yomiuri rapporte que Tokyo a étudié les réglementations en vigueur au Canada, en Allemagne, en Corée du Sud et à Taïwan concernant l’acquisition ou la location de biens immobiliers par des étrangers. En Corée du Sud, par exemple, une « zone d’autorisation de transaction foncière pour les étrangers » a été instaurée en août dernier dans la région métropolitaine, obligeant les acheteurs étrangers à obtenir une autorisation et à résider effectivement dans le bien pendant une certaine période.
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