Publié le 8 octobre 2025. Le Bénin est à l’aube d’une qualification historique pour la Coupe du Monde de la FIFA 2026, porté par une génération talentueuse et un leader discret, Andreas Hountondji, qui incarne les espoirs d’une nation passionnée de football.
- À deux journées de la fin des éliminatoires, le Bénin occupe la première place du groupe C, devançant l’Afrique du Sud et le Nigeria.
- Andreas Hountondji, attaquant évoluant en Bundesliga (Allemagne), est devenu un joueur clé de l’équipe nationale béninoise.
- Une décision récente de la FIFA, retirant des points à l’Afrique du Sud, a favorisé la position du Bénin, mais la progression de l’équipe repose avant tout sur ses performances.
Longtemps considéré comme un outsider, le Bénin se retrouve aujourd’hui en position de force pour décrocher un billet pour la Coupe du Monde 2026. Cette transformation est en grande partie due à Andreas Hountondji, un attaquant de 23 ans qui a su insuffler un nouvel élan aux Guépards, surnom de l’équipe nationale.
« Honnêtement, j’attends ça avec impatience », a confié Hountondji avec un sourire, évoquant les rencontres décisives à venir contre le Rwanda et le Nigeria. « Pour être franc, je ne réalise pas encore pleinement à quel point nous sommes proches de la qualification. »
Un moment crucial pour le Bénin
Ces deux matchs représentent bien plus que de simples rencontres sportives pour le Bénin : ils constituent un véritable test pour la confiance nationale. Les Guépards, en tête du groupe C, devancent des nations africaines de renom, comme l’Afrique du Sud et le Nigeria, habituées à disputer la Coupe du Monde.
« Notre prochain match, contre le Rwanda, sera crucial », a souligné Hountondji. « Si nous parvenons à prendre les trois points, nous serons idéalement placés avant notre dernier match, contre le Nigeria. »
L’ascension du Bénin a été facilitée par la décision de la FIFA de retirer des points à l’Afrique du Sud suite à l’alignement d’un joueur inéligible. Cependant, la position actuelle du Bénin n’est pas le fruit du hasard. Sous la direction de l’entraîneur allemand Gernot Rohr, l’équipe a trouvé un équilibre entre rigueur tactique et créativité, Hountondji incarnant parfaitement cette dualité.
« J’ai pris connaissance de la décision et je pense que nous serions irresponsables de ne pas y voir une réelle opportunité », a-t-il déclaré. « Il nous reste deux matchs et si nous les gagnons, nous avons de bonnes chances de nous qualifier directement. Notre destin est entre nos mains, nous devons donc y croire. »
Du football européen à l’appel du continent
Né en France et formé dans les clubs européens, Hountondji représente une nouvelle génération de joueurs africains qui renouent avec leurs racines. Après ses débuts à Caen, il a rejoint Burnley et évolue désormais au St. Pauli, en Bundesliga allemande, où il a rapidement fait ses preuves.
« Jouer dans l’un des cinq grands championnats européens est une étape importante dans ma jeune carrière », a-t-il expliqué. « Avec la Premier League, la Bundesliga est le championnat qui correspond le mieux à mes qualités et à mon style de jeu. »
Malgré son expérience européenne, son cœur bat pour le Bénin. Lorsqu’il a été approché par Gernot Rohr en 2023 pour rejoindre l’équipe nationale, Hountondji admet avoir hésité, non par manque de motivation, mais par respect.
« J’aurais pu rejoindre l’équipe nationale plus tôt, mais représenter son pays est une immense responsabilité », a-t-il précisé. « J’avais besoin de m’assurer, avec mon entourage, que j’étais prêt à assumer cette pression à un si jeune âge. »
Cette hésitation a été rapidement surmontée. Depuis ses débuts, il est devenu l’un des joueurs les plus fiables du Bénin, marquant trois buts en huit matchs de qualification et contribuant à la qualification de l’équipe pour la Coupe d’Afrique des Nations 2025 au Maroc.
« Jouer pour l’équipe nationale est une expérience unique et tellement enrichissante sur le plan humain », a-t-il affirmé. « C’est notre pays, donc cela compte énormément pour nous. »
L’émergence d’une nouvelle génération
La renaissance du football béninois est le fruit d’une résilience collective. Après des années passées dans l’ombre, le Bénin se hisse désormais au niveau des meilleures équipes du continent. Leur succès, selon Hountondji, repose sur l’unité et la conviction.
« Honnêtement, j’ai beaucoup d’affection pour ce groupe de joueurs et voir où nous en sommes maintenant, à l’approche de la fin des éliminatoires, est incroyable », a-t-il déclaré. « J’ai hâte de voir à quel point nous serons motivés et déterminés. Nous avons l’opportunité de créer une grande ferveur et des souvenirs inoubliables. Je pense que nous sommes capables de réussir, tout est possible. »
Cet engouement se ressent au Bénin, où les supporters ont rempli les centres de visionnage et les lieux de rassemblement à Cotonou et Parakou, osant rêver d’entendre l’hymne national résonner lors d’une Coupe du Monde pour la première fois.
« Pour tout joueur qui débute dans ce sport, participer à la Coupe du Monde est le rêve ultime », a conclu Hountondji. « Une chose est sûre, c’est que lorsque nous serons réunis en équipe et que nous réaliserons à quel point nous sommes proches de cet objectif, cela nous donnera des étoiles dans les yeux. J’espère que cela nous donnera une motivation supplémentaire pour franchir la ligne d’arrivée. »
Alors que le temps presse pour les matchs décisifs, Hountondji est conscient de l’enjeu, non seulement pour lui-même, mais pour toute une génération de footballeurs et de supporters béninois.
Le Bénin n’a jamais participé à une Coupe du Monde auparavant. Mais aujourd’hui, porté par l’énergie d’une jeune équipe et le leadership discret d’un attaquant qui a osé y croire, l’impossible semble soudain à portée de main.
Et si les Guépards entrent dans l’histoire, le nom d’Andreas Hountondji restera à jamais gravé dans les mémoires comme celui de l’homme qui a aidé une nation à retrouver son rugissement.
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