Publié le 29 novembre 2025 14h14. Face à une vague croissante d’intimidations et de menaces envers les élus locaux, le gouverneur du Limbourg, Emile Roemer, et l’ensemble des responsables provinciaux et municipaux lancent un appel au calme et à la décence, dénonçant une atteinte à la démocratie.
Plus de 900 administrateurs limbourgeois sont quotidiennement confrontés à des insultes, des menaces anonymes et du harcèlement en ligne, une situation qui s’est aggravée ces dix dernières années, doublant le nombre d’incidents selon une enquête du ministère de l’Intérieur. Cette escalade de la violence verbale et des agressions est désormais perçue comme une menace directe pour le fonctionnement de la démocratie.
L’annonce, parue dans le journal Le Limbourgeois, prend racine dans la récente protection accordée au maire de Venlo, Antoin Scholten, suite à des menaces liées à sa décision d’accueillir un centre pour demandeurs d’asile. Selon le maire, le parti PVV a joué un rôle incitateur dans cette affaire, attisant les tensions. Des exemples concrets illustrent la gravité de la situation : un conseiller municipal de Venlo ne peut plus assister aux matchs de son fils par peur, un autre n’ose plus se rendre seul aux toilettes pendant les réunions, et un directeur a même reçu des menaces de mort avec une arme à feu.
« Je trouve incompréhensible que les représentants du peuple ne puissent pas faire leur travail en toute sécurité. C’est plutôt scandaleux », a déclaré le gouverneur Emile Roemer par SMS, soulignant l’urgence de la situation. Il plaide également pour une forme de « pause limbourgeoise » sur les réseaux sociaux, invitant les utilisateurs à réfléchir avant de publier des messages potentiellement blessants ou menaçants.
Selon le porte-parole du gouverneur, la responsabilité ne repose pas uniquement sur les acteurs locaux. Il estime que le gouvernement national doit également prendre ses responsabilités et donner l’exemple, critiquant implicitement le ton clivant adopté par certains responsables politiques, notamment Geert Wilders, leader du PVV. « Cela ne mérite aucun prix de beauté. La Haye devrait donner le bon exemple », a-t-il affirmé.
Cette mobilisation collective, signée par le gouverneur, les maires, les échevins, les conseils municipaux, les députés, le Conseil provincial et le conseil d’administration de l’Office des eaux du Limbourg, vise à sensibiliser l’opinion publique et à mettre fin à cette spirale de violence. Les responsables espèrent que cet appel sera entendu et que d’autres régions suivront l’exemple du Limbourg.
Roemer avait déjà exprimé son inquiétude face à une vague de réactions négatives sur Facebook suite à un article du Limbourgeois concernant une personne transgenre. Il avait alors lui-même été la cible d’attaques personnelles, notamment des appels à retourner dans sa province d’origine (le Brabant).
La province du Limbourg compte poursuivre cette initiative et espère que son message se propagera, incitant chacun à adopter un comportement plus respectueux et responsable dans le débat public.