Publié le 16 novembre 2025 04:04:00. Le succès du drame télévisé sud-coréen « L’histoire du manager Kim » met en lumière la réalité souvent confortable des cadres supérieurs, loin des difficultés rencontrées par la majorité des employés. Une analyse révèle que la situation du personnage principal, bien que présentée comme une déconvenue, est en réalité enviable pour de nombreux salariés.
- Le taux de promotion vers des postes de cadre supérieur dans les grandes entreprises sud-coréennes est inférieur à 1 %.
- Le manager Kim, bien que rétrogradé, bénéficie d’un niveau de vie élevé, avec un appartement coûteux à Séoul et une voiture de luxe.
- Le drame souligne les pressions financières et les incertitudes liées à la retraite, même pour les cadres supérieurs.
Dans le feuilleton populaire « L’histoire du manager Kim, qui travaille pour une grande entreprise à Séoul » (JTBC), le destin de Kim, interprété par Ryu Seung-ryong, est celui d’un cadre rétrogradé puis contraint à la retraite anticipée. Pourtant, une analyse approfondie des détails de sa vie révèle une situation bien éloignée de la précarité souvent associée à la perte d’emploi.
Selon le contexte de l’histoire et les dialogues, Kim est un directeur de 25 ans d’une importante entreprise de télécommunications, diplômé d’une université prestigieuse et disposant d’un réseau professionnel solide. On l’assimile à un cadre supérieur sur le point de devenir directeur général, avec un salaire atteignant plusieurs centaines de millions de wons (la monnaie sud-coréenne).
Bien qu’il ne puisse rivaliser avec son jeune collègue Do (joué par Lee Shin-ki), propriétaire d’un appartement de luxe à Gangnam estimé à 3 milliards de wons (environ 2,2 millions d’euros) en location et 6 milliards de wons (environ 4,4 millions d’euros) à la vente, Kim réside dans un appartement coûteux au centre de Séoul, soumis aux restrictions de prêt hypothécaire mises en place le 15 octobre. L’acquisition de ce bien immobilier, avant la flambée des prix, lui a permis de constituer un patrimoine conséquent, même si l’on attribue également cette réussite au soutien de son épouse (Myeong Se-bin).
S’il renonce à l’acquisition d’une voiture importée par souci de ne pas paraître ostentatoire, il conduit une berline nationale Grandeur entièrement équipée et remplace régulièrement sa mallette, encore en bon état, par un modèle de luxe étranger d’une valeur de plusieurs millions de wons.
La réalité du marché du travail sud-coréen est impitoyable. Une étude récente du Korea CXO Research Institute, portant sur les 100 premières entreprises cotées en bourse en 2024, révèle que moins de 1 % des employés (0,82 %) ont la possibilité d’être promus au poste de cadre.
Le fils de Kim, étudiant à l’université de Yonsei, aspire à créer sa propre entreprise, tandis que son épouse, qui a consacré sa vie à soutenir sa carrière, obtient une licence d’agent immobilier pour assurer une sécurité financière face à une retraite incertaine. Elle accueille même avec enthousiasme le retour de son mari après son licenciement.
Ainsi, la situation de Kim, loin d’être tragique, apparaît comme privilégiée aux yeux du salarié moyen. Le personnage lui-même le reconnaît, comme en témoigne cette phrase prononcée après avoir partagé un verre :
« Tu me trouves ordinaire, papa ? Sais-tu à quel point il est difficile de vivre une vie aussi ordinaire ? Ta vie de manager dans une grande entreprise pendant 25 ans, survivre, acheter un appartement à Séoul et envoyer ton enfant à l’université, c’est formidable. »
Kim, personnage du drame « L’histoire du manager Kim »
Kim Bong-gu, Hankyung.com [email protected]
