Si elle était restée assez longtemps, Woods aurait vu Philippe Burke et Anna Krytsyna en soirée ensemble. Si elle était restée très tard, elle aurait entendu DJ Louv jouer des mélanges à travers un haut-parleur portable de 240 watts tandis que son chien, des haricots magiques, dormait par magie à côté de lui. Si elle est restée jusqu’à 1h30 du matin, elle aurait pu attraper les Afrobeats en train de battre des clubs de Clarence Street. Si elle était restée même plus tard, après les derniers appels et dans l’immobilité avant l’aube, Woods aurait vu le marché presque abandonné – sauf pour un camion à ordures, quelques âmes endormie sur des bancs et des trottoirs, et peut-être Baba faisant ses rondes dans une camionnette blanche, la redressement et la recharge des bulleurs électroniques. Elle aurait pu remarquer les Seagulls qui tournaient au-dessus de la tête, se battant pour les restes de la nuit, ou Paul Albert, un ancien photographe, maintenant sans abri, collectant des bouteilles vides et un billet de loterie froissé jeté – qui vaut la peine d’être vérifié, a-t-il dit; on ne sait jamais. Et si elle était restée si tard qu’elle est redevenue tôt, elle aurait vu le marché revenir à la vie: des boulangers arrivant pour leurs quarts de travail au Moulin de Provence, des camions livrant des fournitures aux restaurants, des résidents qui marchent sur les chiens, les vendeurs installant des stands, les acheteurs apparaissant, et peut-être quelqu’un qui prenait la place de Woods à l’extérieur de La Bottega, Juice en main, avec du temps à tuer.
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