Home AffairesLe Massachusetts s’apprête à recevoir 20 % de son électricité de l’hydroélectricité canadienne à partir de vendredi – Fall River Reporter

Le Massachusetts s’apprête à recevoir 20 % de son électricité de l’hydroélectricité canadienne à partir de vendredi – Fall River Reporter

by Amélie Bernard

Publié le 16 janvier 2026. L’électricité produite par les centrales hydroélectriques du Québec commence à alimenter le Massachusetts, une étape cruciale pour atteindre les objectifs de transition énergétique de l’État, après une décennie de projets et de défis.

  • L’arrivée de cette énergie propre devrait couvrir environ 20 % des besoins électriques du Massachusetts.
  • Le projet New England Clean Energy Connect (NECEC) permettra de réduire les émissions de carbone de la région jusqu’à 3,6 millions de tonnes par an.
  • Les contribuables du Massachusetts pourraient bénéficier d’une réduction mensuelle de leurs factures d’électricité d’environ 1,50 $ (USD).

Après des années de retards, de contestations juridiques et de dépassements de coûts, l’hydroélectricité canadienne est enfin prête à alimenter le réseau électrique du Massachusetts. La ligne de transmission New England Clean Energy Connect (NECEC), longue de 354 kilomètres (145 miles), devrait commencer ses opérations commerciales ce vendredi, marquant une avancée significative dans la lutte contre le changement climatique et la diversification des sources d’énergie de la Nouvelle-Angleterre.

La gouverneure du Massachusetts, Maura Healey, a annoncé que cette nouvelle source d’énergie devrait fournir environ 20 % de l’électricité consommée par l’État. Une « annonce énergétique » est prévue vendredi midi au Grand Staircase du State House pour officialiser le lancement.

Le projet NECEC, initié il y a une décennie, vise à acheminer jusqu’à 1 090 mégawatts (1 200 MW de capacité totale) d’électricité produite par Hydro-Québec vers le Massachusetts. Ce projet a nécessité la coopération des États voisins, car le Massachusetts n’est pas directement limitrophe du Canada. Depuis 2018, les contribuables du Massachusetts ont financé la construction de cette ligne de transmission.

Le parcours du NECEC n’a pas été sans embûches. Des préoccupations environnementales, des interruptions temporaires des travaux et des batailles judiciaires ont entravé sa progression, entraînant des coûts supplémentaires qui ont été répercutés sur les contribuables. Avangrid, le développeur du projet, a confirmé que toutes les conditions d’exploitation commerciale étaient remplies au 31 décembre 2025, prévoyant un démarrage officiel le 16 janvier, sous réserve d’un accord entre les parties prenantes – NECEC, les compagnies de distribution d’électricité du Massachusetts et Hydro-Québec.

Selon Phelps Turner, directeur de Clean Grid de la Conservation Law Foundation, des tests à pleine capacité ont déjà été effectués ces dernières semaines, confirmant que l’hydroélectricité québécoise arrive déjà dans le Massachusetts.

Avangrid estime que cette énergie propre pourrait réduire les émissions de carbone régionales de jusqu’à 3,6 millions de tonnes par an, l’équivalent de retirer 700 000 véhicules de la route. Les bénéfices nets pour les contribuables du Massachusetts sont estimés à 3 milliards de dollars, se traduisant par une réduction mensuelle d’environ 1,50 $ (USD) sur les factures d’électricité, selon un accord conclu l’année dernière avec le ministère des Services publics.

La gouverneure Healey a souligné l’importance de cette nouvelle source d’énergie :

« Il est important de savoir que nous avons maintenant de l’électricité en provenance du Québec. Et c’est une bonne chose, c’est pourquoi nous essayons de tirer parti de toutes les formes d’énergie. »

Maura Healey, gouverneure du Massachusetts

L’achèvement du NECEC intervient dans un contexte énergétique américain incertain. Les projets éoliens offshore sont en suspens en raison de blocages administratifs et d’incertitudes contractuelles. Les projets solaires et de stockage d’énergie sont également confrontés à des difficultés d’interconnexion. Seul le projet Vineyard Wind 1 fournit actuellement de l’électricité, malgré les objections initiales de l’administration Trump qui le considérait comme une menace pour la sécurité nationale.

Bien que l’administration Trump ait qualifié l’hydroélectricité de « favori de tous les temps » lors de sa deuxième candidature, sa politique énergétique a privilégié les combustibles fossiles produits aux États-Unis.

Hydro-Québec, une société d’État québécoise, tire son électricité du vaste réseau de lacs et de rivières de la province, qui couvre 22 % de son territoire.

Concernant les potentielles représailles de l’administration Trump, Phelps Turner a rappelé que plusieurs autorisations fédérales, dont un permis présidentiel pour les infrastructures transfrontalières, avaient déjà été obtenues. Cependant, il a souligné l’instabilité de la politique énergétique au niveau fédéral et les tarifs imposés au Canada au printemps 2025, qui n’ont pas été résolus. En mars 2025, le premier ministre du Québec, François Legault, avait envisagé de rompre son contrat de fourniture d’électricité avec New York et le Massachusetts en réponse à ces tarifs, mais n’a finalement pas suivi cette voie. Voir l’article sur E&E News.

« Maintenant que le moment semble venu, je voudrais réitérer et souligner qu’il s’agit d’une étape clé en Nouvelle-Angleterre vers un système énergétique propre et fiable. Il s’agit de fournir une énergie propre à faible coût et un fournisseur d’énergie très fiable. C’est un moment que nous attendons depuis près d’une décennie. »

Phelps Turner, directeur de Clean Grid de la Conservation Law Foundation

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