Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche marque une rupture potentielle avec la tradition américaine de promotion de la justice internationale, un pilier de la diplomatie américaine depuis la Seconde Guerre mondiale. Sa politique étrangère, axée sur le principe « l’Amérique d’abord », menace de saper les efforts de consolidation de la paix et de responsabilité pour les crimes de guerre, avec des conséquences possibles pour des conflits en cours comme en Ukraine et au Moyen-Orient.
À retenir
- Le gouvernement Trump a considérablement réduit l’aide étrangère et attaqué les institutions internationales chargées de promouvoir la justice et les droits de l’homme.
- Ce revirement stratégique s’éloigne d’une longue tradition américaine de soutien aux tribunaux internationaux et aux mécanismes de justice transitionnelle.
- Le mépris affiché par Trump pour la justice internationale pourrait compromettre les perspectives de paix durable dans les zones de conflit.
Contexte
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont joué un rôle central dans la mise en place de mécanismes de justice post-conflit, notamment à travers les procès de Nuremberg qui ont établi le principe de la responsabilité pénale individuelle pour les crimes de guerre. Cette approche a été poursuivie sous différentes administrations, des tribunaux des Nations Unies pour les Balkans et le Rwanda aux efforts de transition en Europe de l’Est après la chute de l’Union soviétique.
Cependant, cette politique a connu une inflexion majeure avec l’arrivée de Donald Trump au pouvoir. Son administration a non seulement réduit drastiquement l’aide étrangère, diminuant le nombre de programmes de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) de plus de 6 000 à moins de 900, mais a également attaqué frontalement la Cour pénale internationale (CPI). En 2020, des sanctions ont été imposées à des responsables de la CPI après l’ouverture d’une enquête sur des crimes de guerre présumés en Afghanistan.
Le président Trump a également choisi d’accueillir sur le sol américain des individus accusés par la CPI de crimes de guerre, tels que Vladimir Poutine et Benjamin Netanyahu, envoyant ainsi un message clair de mépris envers la justice internationale.
Ce qui change
Le retour de Trump à la Maison Blanche semble confirmer cette tendance. En plus de la réduction de l’aide à l’USAID, son administration a annulé 4,9 milliards de dollars d’aide approuvée par le Congrès, un geste jugé illégal par le Government Accountability Office en 2018. Cette politique a des conséquences directes sur les populations vulnérables dans les pays en développement, qui risquent de souffrir de la faim et de maladies évitables. Elle affecte également les efforts de consolidation de la paix, de promotion de l’État de droit et de défense des droits de l’homme.
L’absence de soutien américain à la justice transitionnelle pourrait entraver les efforts de réconciliation dans des pays comme l’Ukraine et l’Éthiopie, où les séquelles de conflits récents nécessitent une réponse judiciaire appropriée. La politique étrangère de Trump, axée sur la « paix par la force », privilégie la puissance militaire au détriment des mécanismes diplomatiques et juridiques.
Prochaines étapes
Il sera crucial de surveiller l’évolution de la politique américaine à l’égard de la CPI et de l’USAID. Les sanctions imposées aux responsables de la CPI ont été levées par l’administration Biden, mais le retour de Trump pourrait entraîner de nouvelles mesures punitives. De même, l’avenir des programmes de l’USAID axés sur la justice transitionnelle et les droits de l’homme reste incertain.
L’attitude de l’administration Trump envers l’Ukraine et la Russie, ainsi que ses attaques contre le président ukrainien Volodymyr Zelensky, pourraient également indiquer son approche en matière de justice internationale et de responsabilité pour les crimes de guerre.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Réduction des programmes USAID | De plus de 6 000 à moins de 900 |
| Aide annulée par Trump (fin août) | 4,9 milliards de dollars (environ 4,5 milliards d’euros) |
| Fonds annulés pour le maintien de la paix | 837 millions de dollars (environ 770 millions d’euros) |
Sources
Projet, Syndicat. « Justice transitionnelle et les visions présidentielles de justice transitionnelle : un héritage américain de responsabilité et de réconciliation ». 17 septembre 2025.