Publié le 23 novembre 2025 à 20h50. Face à une escalade des tensions avec les États-Unis, Nicolás Maduro a adressé un message direct à Donald Trump, mêlant appels au dialogue et fermeté, lors d’un événement public en présence d’étudiants américains au Venezuela.
- Nicolás Maduro a réaffirmé son opposition à toute intervention militaire américaine au Venezuela, appelant au dialogue et au respect mutuel.
- Le président vénézuélien a ponctué son discours d’une performance inattendue, dansant sur un morceau de musique électronique composé de ses propres déclarations pacifistes.
- Washington maintient une présence militaire accrue dans la région, justifiée par la lutte contre le trafic de drogue, mais perçue par Caracas comme une menace directe.
Dans un contexte de tensions croissantes, Nicolás Maduro a cherché à afficher une attitude conciliante tout en réaffirmant sa détermination à défendre la souveraineté du Venezuela. Lors d’une cérémonie organisée à l’occasion de la Journée nationale des étudiants universitaires, et en présence d’une délégation d’étudiants américains, le président vénézuélien a lancé un appel direct à son homologue américain, Donald Trump.
« Dialogue ? Oui ! Paix ? Oui ! Respect ? Oui. Guerre ? Pas de guerre, jamais de guerre ! », a déclaré Maduro, reprenant une formule en anglais qu’il a utilisée à plusieurs reprises ces derniers mois. Cette déclaration, largement diffusée sur les réseaux sociaux, vise à contrer le discours belliqueux de certains responsables américains.
Maduro a insisté sur la nécessité d’une communication ouverte et du rejet de toute forme d’affrontement militaire pour construire un avenir pacifique. Il a dénoncé ce qu’il qualifie de « pièges » tendus par les États-Unis, affirmant qu’ils ne l’empêcheraient pas de poursuivre son chemin.
L’événement a pris une tournure surprenante lorsque Maduro s’est mis à danser sur un morceau de musique électronique spécialement composé pour l’occasion. Cette création originale intégrait des extraits de ses discours précédents, dans lesquels il plaidait pour la paix et s’opposait à toute intervention militaire. « C’est vendredi, et que se passe-t-il vendredi ? Et qu’allons-nous faire aujourd’hui ? Le Venezuela en paix, vendredi soir se déclare en totale rumba (fête), Rumba, rumba, rumba ! C’est vendredi et je vais faire la fête ! Et personne ne m’arrête ! Musique ! », a-t-il lancé, sous les applaudissements de centaines d’étudiants.
Depuis le mois d’août, les États-Unis ont déployé une importante force navale dans les eaux internationales proches du Venezuela, incluant le plus grand porte-avions du monde. Washington justifie cette présence par la nécessité de lutter contre le trafic de drogue, mais le régime de Maduro la considère comme une « menace militaire mortelle » visant à le renverser. L’opération antidrogue américaine a déjà fait plus de 80 morts lors d’une vingtaine d’opérations contre des bateaux soupçonnés de transporter de la drogue. Maduro dénonce ces actions comme des « exécutions extrajudiciaires ».
Par ailleurs, l’administration Trump envisage de déclarer le Cartel des Soleils, un groupe présumé lié au régime vénézuélien, comme une organisation terroriste. Une telle désignation fournirait une base juridique à une éventuelle intervention militaire au Venezuela, malgré les déclarations de Trump exprimant une volonté de dialogue avec Maduro.