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Le meurtre du maire du Michoacan en 2011 reste impuni

by Nicolas Lefèvre

Publié le 9 novembre 2025 à 23h37. Le meurtre du maire de La Piedad, Carlos Manzo, rappelle un crime similaire commis 14 ans plus tôt contre son prédécesseur, Ricardo Guzmán Romero, soulevant des questions sur l’impunité et la violence politique dans la région du Michoacán.

  • Le maire Ricardo Guzmán Romero a été assassiné en 2011 alors qu’il distribuait des tracts pour le Parti d’action nationale (PAN).
  • Le meurtre de Carlos Manzo, survenu le 1er novembre dernier, présente des similitudes troublantes avec celui de son prédécesseur.
  • Aucun des deux crimes n’a été résolu à ce jour, alimentant un sentiment d’injustice et d’impunité.

Le souvenir du meurtre de Ricardo Guzmán Romero, survenu le 2 novembre 2011, a été ravivé par l’assassinat de Carlos Manzo, abattu le 1er novembre dernier en présence de sa famille. Guzmán Romero, alors maire de La Piedad, Michoacán, a été tué par des hommes armés alors qu’il faisait campagne pour Luisa María Calderón, candidate du Parti d’action nationale (PAN) à la gouvernance de l’État. L’incident s’est produit vers 19h30, alors que le maire distribuait des tracts et installait une banderole de propagande sur le boulevard Lázaro Cárdenas.

Selon les premières investigations, Guzmán Romero a été la cible de quatre assaillants qui lui ont tiré dessus depuis un véhicule Liberty noir immatriculé dans l’État de Jalisco. L’attaque s’est déroulée devant de nombreux témoins, notamment de jeunes militants du PAN qui ont rapidement diffusé la nouvelle par téléphone. L’ancien président Felipe Calderón Hinojosa, dont la sœur Luisa María Calderón était candidate, avait alors promis d’envoyer l’armée et la police fédérale pour retrouver les responsables, qualifiant Guzmán Romero d’« homme honnête » et de « meilleur maire » de La Piedad.

Des habitants de La Piedad ont assisté aux funérailles du maire Ricardo Guzmán Romero en novembre 2011. Photo : Cuartoscuro.

Cet assassinat est survenu seulement onze jours avant les élections nationales, où devaient être renouvelés les postes de gouverneur, les conseils locaux et les mairies, dont celui de Ricardo Guzmán Romero, entré en fonction en 2008 et dont le mandat devait prendre fin le 1er janvier 2012, soit trois mois après sa mort.

Quelques mois après le drame, en mai 2012, Luisa María Calderón a affirmé que le crime organisé était à l’origine de l’assassinat du maire de La Piedad, révélant même le nom d’un suspect, Esteban, surnommé « La Moneda », qui avait déjà été tué lors d’une confrontation armée dans la municipalité de Churintzio.

En novembre 2016, un collaborateur proche de Guzmán Romero a déploré le manque d’intérêt des autorités, y compris du PAN lui-même, pour résoudre ce crime.

« Il semble que même le Parti d’action nationale ne se soucie pas de savoir qui ou pourquoi l’un de ses meilleurs cadres a été tué en secret, par derrière »,

Bruno Eduardo Aceves Alejandre

Aceves Alejandre a ajouté que l’indignation initiale des habitants de La Piedad s’était estompée avec le temps, exhortant les citoyens à ne pas laisser ce crime impuni et à faire pression sur les autorités pour qu’elles enquêtent, non seulement sur ce dossier, mais aussi sur de nombreuses autres affaires similaires.

« Il semble que nous, les habitants de La Piedad, qui nous disions indignés à l’époque, ayons déjà oublié, cinq ans après ce crime mortel. Tant que nous ne sommes pas les citoyens qui font pression sur les autorités pour qu’elles travaillent, les bureaucrates ne se soucient pas de ce qui reste de cette affaire et de bien d’autres. C’est ainsi que fonctionne la ‘recherche de la justice’ »,

Bruno Eduardo Aceves Alejandre

Luisa María Calderón Hinojosa observe une minute de silence en signe de deuil pour l’assassinat du maire de La Piedad. Photo : Cuartoscuro.

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