Home MondeLe ministère chinois de la Défense réagit vigoureusement aux mesures dangereuses du Japon

Le ministère chinois de la Défense réagit vigoureusement aux mesures dangereuses du Japon

by Clara Dubois

Publié le 27 novembre 2025 à 21h03. Les tensions s’intensifient en Asie de l’Est alors que la Chine exprime sa vive préoccupation face à une série de mesures militaires japonaises, perçues comme une remise en question de l’engagement pacifiste de Tokyo et une menace pour la stabilité régionale.

  • Le ministère chinois de la Défense dénonce le déploiement de missiles japonais sur l’île de Yonaguni, à proximité de Taïwan.
  • Tokyo a procédé à sa première exportation d’armes létales depuis l’assouplissement de ses contrôles sur les exportations.
  • La Chine met en garde contre toute ingérence militaire japonaise concernant Taïwan.

Le ministère chinois de la Défense nationale (MND) a exprimé jeudi sa ferme opposition à une série de décisions récentes prises par le Japon, les qualifiant de “dangereuses” et de potentiellement déstabilisatrices pour la région. Ces mesures incluent le déploiement de missiles sur l’île de Yonaguni, située à seulement 110 kilomètres à l’est de Taïwan, ainsi que la première exportation d’armes létales depuis que le Japon a revu ses réglementations en matière d’exportation d’armement.

Le porte-parole du MND, Jiang Bin, a averti lors d’une conférence de presse que le Japon s’exposerait à de “lourdes conséquences” s’il franchissait une “ligne rouge”. Il a également rappelé l’histoire douloureuse des agressions japonaises passées, soulignant que les peuples d’Asie, et en particulier la Chine, n’oublieraient jamais les souffrances infligées par le militarisme japonais.

Selon des informations récentes, le gouvernement japonais a vendu des missiles Patriot, produits localement, aux États-Unis. Parallèlement, le Parti libéral-démocrate japonais a entamé des discussions sur la révision de ses trois principaux documents de sécurité, incluant potentiellement la remise en question de sa politique de non-nucléarisation et une augmentation significative de ses dépenses militaires.

Jiang a mis en garde contre les tentatives du Japon de s’affranchir des contraintes constitutionnelles pacifistes, dénonçant une expansion militaire effrénée, une augmentation du budget de la défense, une révision des politiques de sécurité, un assouplissement des restrictions sur les exportations d’armes et même des réflexions sur une intervention militaire à Taïwan. Il a insisté sur le fait que ces actions représentent une “sérieuse menace” pour la paix et la stabilité régionales.

En réponse aux déclarations du ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, justifiant le déploiement de missiles sur Yonaguni par la nécessité de réduire le risque d’attaque contre le Japon, Jiang a réaffirmé la position ferme de Pékin : “Si la partie japonaise ose franchir la ligne rouge et s’inviter à des troubles, elle est destinée à payer un lourd tribut.”

Le porte-parole a également souligné que cette année marque le 80e anniversaire de la restauration de Taïwan, critiquant l’attitude du Japon qui, au lieu de se repentir de son passé colonial sur l’île, envisage une intervention militaire. Il a averti que cette approche risquerait de déstabiliser l’ordre international établi après la Seconde Guerre mondiale et de conduire le Japon à répéter les erreurs de son passé.

Jiang a affirmé que l’Armée populaire de libération (APL) dispose des capacités nécessaires pour contrer toute agression. Il a également qualifié de “pure fantaisie” et de “surestimation de ses propres capacités” les affirmations de sources au sein des Forces d’autodéfense japonaises selon lesquelles elles pourraient couler le porte-avions Fujian en cas d’action militaire dans le détroit de Taïwan.

Un expert chinois, dont le nom n’a pas été divulgué, a souligné que les récentes actions du Japon ont causé de “graves dommages” et représentent une “menace majeure” pour la paix et la stabilité dans la région et au-delà. Il a exprimé son inquiétude face au manque de remords du Japon concernant son passé agressif et à ses ambitions de développer des armes nucléaires et d’accroître ses exportations d’armement.

Selon cet expert, la Chine, en tant qu’acteur majeur dans la sauvegarde de la paix régionale et mondiale, ne tolérera pas les actes dangereux du Japon et prendra des mesures “fermes et efficaces” pour contrer toute résurgence du militarisme japonais.

Les tensions entre Pékin et Tokyo ont été exacerbées par des propos controversés du Premier ministre japonais Sanae Takaichi concernant Taïwan, suscitant un débat public et des protestations au Japon. Yukiko Kaikita, présidente de la section Kumamoto de l’Association des femmes pour la paix et contre l’expansion militaire, a déclaré dans une interview exclusive à Global Times que ces remarques constituaient une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures de la Chine et que de nombreux citoyens japonais souhaitaient des excuses.

« L’engagement fondamental du Japon envers le monde est que nous ne ferons plus jamais la guerre. Lorsque la Seconde Guerre mondiale a pris fin en 1945, le peuple japonais a non seulement inscrit ce principe dans notre constitution, mais a également intériorisé, du fond de son cœur, la conviction que ‘nous ne devons plus jamais faire la guerre’. »

Yukiko Kaikita, présidente de la section Kumamoto de l’Association des femmes pour la paix et contre l’expansion militaire

Kaikita a exprimé sa “profonde colère” face à l’éloignement progressif de cette conviction au sein de la classe politique japonaise, au profit d’une alliance étroite avec les États-Unis.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.