Le ministère de la Justice américain a ouvert une enquête visant cinq grands réseaux de télévision pour violation potentielle des lois antitrust, après une brève suspension de la couverture rotative de la Maison-Blanche décidée en septembre dernier en réponse à l’exclusion de CNN.
Le département fédéral a dépêché des assignations civiles d’enquête vendredi dans le cadre de ses investigations sur ABC, CBS, NBC, Fox News et CNN, selon des déclarations rapportées par plusieurs médias. La mesure fait suite à un mouvement de contestation mené par ces chaînes après l’éviction de CNN, de MS NOW et de Politico des espaces de la Maison-Blanche. Selon CBS News, la fusion entre Paramount et Warner Bros. Discovery a donné naissance à Skydance, une entité qui englobe à la fois CBS News et CNN.
Le ministère de la Justice enquête sur le boycott des réseaux
L’administration fédérale examine si la suspension concertée du pool de presse télévisé enfreint la loi Sherman sur la concurrence. Emily Covington, porte-parole du ministère de la Justice, a précisé les motifs de la procédure dans une déclaration fournie à CBS News samedi en indiquant : Group boycotts among commercial competitors can violate the Sherman Act. The Antitrust Division is simply investigating to determine whether these news organizations have violated the antitrust laws.

Le système du pool de presse regroupe les cinq grands réseaux qui se relaient pour assurer la couverture technique, vidéo et textuelle des activités présidentielles, les membres partageant les coûts de couverture et répartissant les tournages pour les distribuer à l’échelle nationale, comme l’indique l’Australian Associated Press. ABC a confirmé ne pas avoir encore reçu de notification officielle tout en s’attendant à en recevoir une, tandis que CBS et NBC se sont refusées à tout commentaire et que Fox n’a pas répondu immédiatement, selon NBC News.
Le conflit éclate lors de la visite de Xi Jinping
Le différend est né en septembre lorsque le président Trump a annoncé la révocation des accréditations des journalistes de CNN, MS NOW et Politico en raison de ce qu’il a qualifié de constant ‘reporting’ FAKE NEWS!
, assortissant ces retraits de lettres accusant les articles sur la nouvelle salle de bal, le conflit avec l’Iran et la convention de mi-mandat républicaine de menacer la sécurité nationale et de violer les standards de professionnalisme. En signe de solidarité, les cinq réseaux composant le pool de télévision ont annoncé conjointement la suspension de leur couverture.
Le public a un intérêt vital à recevoir des informations précises et indépendantes sur son gouvernement. Aucune administration ne devrait rejeter un organisme de presse parce qu’elle conteste ses reportages.
Les cinq réseaux de télévision dans un communiqué conjoint, via CBS News
Cette interruption est intervenue à un moment critique en coïncidant avec la visite d’État du président chinois Xi Jinping à Washington.
Bien que le juge Timothy Kelly ait ordonné le rétablissement de leurs accès, la Maison-Blanche a continué à refuser l’entrée de CNN et de Politico dans le Bureau ovale ainsi qu’à bord d’Air Force One, d’après CBS News.

Les organisations de défense de la presse dénoncent des intimidations
Parallèlement à l’enquête antitrust, les chaînes exclues ont engagé des poursuites judiciaires invoquant le premier amendement. Le juge fédéral Timothy Kelly a prononcé une ordonnance restrictive temporaire forçant l’administration à rétablir l’accès des journalistes bannis pour une période de 14 jours, une mesure initialement fixée pour expirer jeudi et que le magistrat a prolongée jusqu’à mardi prochain.
Du côté des associations professionnelles, la riposte juridique du gouvernement est perçue comme une tentative d’intimidation. Bruce D. Brown, président du Reporters Committee for Freedom of the Press, a qualifié cette enquête d’another and even more brazen attempt to try to intimidate journalists
en soulignant que le premier amendement protège les décisions des organisations de presse concernant leur couverture.