Les visas de travail H-1B, très convoités par les professionnels étrangers qualifiés, vont subir une transformation majeure. Le ministère américain de la Sécurité intérieure (DHS) a annoncé une nouvelle règle qui abandonne le système de loterie aléatoire actuel au profit d’une sélection basée sur les salaires, une mesure destinée à protéger les travailleurs américains.
Ce changement, qui entrera en vigueur fin février 2026, priorisera les candidatures pour les postes les mieux rémunérés et les plus qualifiés. L’objectif affiché est de garantir que le programme H-1B serve véritablement les intérêts économiques des États-Unis tout en préservant les salaires et les conditions de travail des employés américains.
Jusqu’à présent, les visas H-1B étaient attribués par tirage au sort, un système critiqué pour avoir été exploité par certaines entreprises afin d’embaucher de la main-d’œuvre étrangère à bas coût. « Le système existant a été utilisé par certains employeurs pour importer des travailleurs moins bien payés, ce qui a eu un impact négatif sur les salaires et désavantagé les travailleurs américains », a déclaré Matthew Tragesser, porte-parole des Services de citoyenneté et d’immigration des États-Unis (USCIS).
La nouvelle règle classera les demandes de visa en fonction des niveaux de salaire proposés. Les offres d’emploi les plus élevées auront une probabilité de sélection accrue, tout en maintenant un accès, bien que plus limité, aux niveaux de salaire inférieurs. Concrètement, les postes rémunérés au niveau ou au-dessus du salaire médian pour la profession et le lieu géographique seront favorisés. Les salaires situés entre la médiane et le 25e centile constitueront un niveau intermédiaire, tandis que les offres inférieures au 25e centile auront les chances de sélection les plus faibles.
Le DHS précise que les employeurs devront fournir des données salariales précises lors de l’inscription. L’USCIS procédera à des vérifications aléatoires après la sélection, et toute information erronée pourrait entraîner le rejet de la demande et l’exclusion du bénéficiaire. Les universités et autres organisations exonérées du plafond des visas ne seront pas affectées par ces nouvelles règles.
Cette réforme s’inscrit dans une tendance plus large vers une immigration qualifiée basée sur le mérite et les salaires. Le DHS estime qu’elle permettra de réduire la fraude, de limiter le recours abusif au programme pour des emplois peu rémunérés et de mieux protéger les conditions de travail aux États-Unis. L’impact réel de cette nouvelle approche sur le marché du travail et les stratégies d’embauche des entreprises sera observé à partir de l’exercice 2027.