Publié le 16 janvier 2026. Le ministère américain de l’Éducation a annoncé un report des saisies sur salaires et des retenues sur déclarations d’impôts pour les emprunteurs étudiants en difficulté, une mesure destinée à alléger le fardeau financier de millions d’Américains confrontés à une augmentation des mensualités.
- Le ministère de l’Éducation reporte temporairement les saisies sur salaires et les retenues fiscales pour les emprunteurs étudiants en difficulté.
- Les seuils de protection des revenus, établis il y a des décennies, sont largement insuffisants face à l’inflation actuelle.
- Des réformes sont préconisées pour adapter les politiques de recouvrement au coût de la vie actuel et faciliter la gestion des prêts.
Washington – Face à la remontée des mensualités de prêts étudiants et à une crise du coût de la vie, le ministère américain de l’Éducation a annoncé un moratoire sur les mesures coercitives à l’encontre des emprunteurs en difficulté. Cette décision vise à éviter que des familles et des retraités ne soient précipités dans la pauvreté en raison de dettes étudiantes.
Selon Abby Shafroth, directrice générale du plaidoyer au National Consumer Law Center, cette annonce représente un soulagement bienvenu.
« Cette annonce constitue une bouée de sauvetage pour les familles de travailleurs et de la classe moyenne qui cèdent sous le poids de politiques de prêts étudiants désuètes qui ne reflètent pas la crise actuelle du coût de la vie et de l’abordabilité. »
Abby Shafroth, directrice générale du plaidoyer au National Consumer Law Center
Elle souligne toutefois la nécessité d’une réforme plus profonde des pratiques de recouvrement.
Les politiques actuelles de recouvrement, mises en place il y a plusieurs décennies, n’ont pas été mises à jour pour tenir compte de l’évolution du coût de la vie. Le ministère de l’Éducation protège actuellement seulement les 217,50 $ (environ 198 €) par semaine de salaire contre la saisie-arrêt, un montant fixé en 2009. Selon l’Economic Policy Institute, le pouvoir d’achat de ces salaires a diminué de plus de 30 % depuis lors, se situant bien en dessous du seuil de pauvreté actuel. De même, les prestations de sécurité sociale sont protégées à hauteur de 750 $ (environ 687 €) par mois, un seuil établi en 1996 qui représente aujourd’hui moins de 60 % du seuil de pauvreté.
Abby Shafroth insiste sur le caractère contre-productif des politiques actuelles :
« Les politiques de recouvrement actuelles du ministère de l’Éducation sont dépassées et peuvent piéger des personnes qui ont déjà du mal à faire face à l’augmentation des coûts, les endettant encore plus et même les pousser dans la pauvreté. C’est le contraire de ce que nos politiques d’aide financière sont censées faire. »
Abby Shafroth, directrice générale du plaidoyer au National Consumer Law Center
Plusieurs pistes de réforme sont envisagées, notamment l’augmentation des seuils de revenus protégés pour tenir compte du coût de la vie actuel, la protection des prestations sociales telles que le crédit d’impôt sur le revenu gagné et les prestations de sécurité sociale contre la saisie, la limitation du montant des saisies au montant des arriérés de paiement, et la facilitation de l’accès à des options de gestion des prêts pour les emprunteurs en difficulté. La suspension des recouvrements, largement en place depuis 2020, avait permis d’éviter une situation encore plus précaire pour de nombreux Américains. Le ministère de l’Éducation devra donc agir rapidement pour mettre en œuvre ces réformes et éviter une reprise des saisies qui pourrait aggraver la situation financière de millions de personnes.