Publié le 17 janvier 2026 à 02h01. Après une semaine de contestations sans précédent depuis des années, les manifestations en Iran semblent s’essouffler face à une répression massive et à une coupure d’Internet généralisée, tandis que l’opposition en exil appelle à une nouvelle mobilisation.
- Des milliers de manifestants auraient été tués ou arrêtés depuis le début des troubles, selon des organisations de défense des droits humains.
- Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran, se dit confiant dans la chute du régime et appelle à une intervention internationale.
- Une panne d’Internet de plus de 180 heures a rendu difficile la vérification indépendante du nombre de victimes et l’ampleur de la répression.
Les protestations, initialement déclenchées par des difficultés économiques, ont rapidement évolué vers une contestation ouverte du système théocratique en place depuis la révolution de 1979. Les premières manifestations ont débuté le 28 décembre avec la fermeture du bazar de Téhéran, avant de s’étendre à l’ensemble du pays à partir du 8 janvier. La réponse des autorités a été immédiate et brutale, marquée par une coupure d’Internet d’une ampleur sans précédent.
Selon l’organisation Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, au moins 3 428 manifestants ont été tués par les forces de sécurité. L’organisation prévient toutefois que ce bilan pourrait être considérablement sous-estimé, avec des estimations allant jusqu’à 5 000, voire 20 000 victimes. La chaîne d’opposition Iran International, basée à l’étranger, évoque même plus de 12 000 morts, citant des sources gouvernementales et sécuritaires de haut rang.
Reza Pahlavi, qui vit aux États-Unis, a exprimé sa conviction que la république islamique est sur le point de s’effondrer. Lors d’une conférence de presse à Washington, il a déclaré :
« La république islamique tombera – non pas si, mais quand. »
Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran
Il a également annoncé son intention de retourner en Iran.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, M. Pahlavi a appelé à une nouvelle manifestation coordonnée ce week-end, exhortant les Iraniens à « élever la voix avec colère et à protester avec nos slogans nationaux ».
La répression menée par le régime iranien a été qualifiée de « brutale » par l’Institut américain pour l’étude de la guerre, qui estime qu’elle a pour l’instant réussi à réprimer le mouvement de protestation. Cependant, l’institut souligne que la mobilisation massive des forces de sécurité n’est pas tenable sur le long terme et que la reprise des manifestations reste possible.
Parallèlement, la communauté internationale suit de près la situation. Le président américain Donald Trump, qui a soutenu les frappes israéliennes contre l’Iran en juin dernier, n’a pas exclu une nouvelle action militaire. Toutefois, un haut responsable saoudien a révélé à l’AFP que l’Arabie saoudite, le Qatar et Oman ont mené une intense campagne diplomatique pour convaincre M. Trump de donner une chance à l’Iran de faire preuve de bonnes intentions. La Maison Blanche a affirmé que « toutes les options restaient sur la table » pour le président.
Les États-Unis ont également annoncé de nouvelles sanctions contre des responsables iraniens, dont Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême iranien pour la sécurité nationale. Le président russe Vladimir Poutine a eu un entretien téléphonique avec son homologue iranien Masoud Pezeshkian, dans le cadre d’efforts visant à « faciliter la désescalade », selon le Kremlin.
Au Conseil de sécurité de l’ONU, le journaliste irano-américain Masih Alinejad, invité à s’exprimer par les États-Unis, a affirmé que « tous les Iraniens sont unis » contre le système clérical. Le représentant iranien, Gholamhossein Darzi, a accusé les États-Unis d’« exploiter les manifestations pacifiques à des fins géopolitiques ».
Monitor Netblocks a indiqué que la « panne totale d’Internet » en Iran durait désormais plus de 180 heures, soit plus longtemps qu’une mesure similaire imposée lors des manifestations de 2019. Amnesty International a dénoncé le recours à des patrouilles et à des points de contrôle lourdement armés pour écraser « le soulèvement populaire national en Iran ». Quelle suite pour l’Iran après une répression brutale ?

