Des scientifiques japonais du Centre national de neurologie et de psychiatrie (NCNP) pensent avoir identifié la substance à l’origine de la maladie d’Alzheimer. Leurs travaux, publiés dans la revue scientifique Brain Communications, mettent en lumière l’existence d’une petite « graine » qui servirait de point de départ à la pathologie.
Le mécanisme du germe « Peak 1 amyloïde bêta »
Ce germe, baptisé « Peak 1 amyloïde bêta », agit comme un aimant situé dans plusieurs régions du cerveau. Selon les recherches, c’est sur cette substance que viennent s’accumuler lentement des protéines amyloïdes bêta sous forme de plaques. Ce processus entraîne la destruction des connexions cérébrales et tue les cellules nerveuses, provoquant ainsi le déclin des fonctions cognitives.
L’étude souligne que ce point de départ peut être présent dans l’organisme au moins 20 ans avant que la maladie ne se manifeste concrètement. Jusqu’alors, la science savait que l’accumulation de protéines toxiques provoquait la maladie, mais ignorait l’élément qui les attirait.
Méthodologie et preuves scientifiques
Pour parvenir à cette découverte, les chercheurs ont utilisé des souris modifiées génétiquement pour produire davantage de protéines toxiques dans leur cerveau. Les résultats ont montré que seuls les animaux présentant ce germe spécifique ont souffert d’un déclin cognitif et d’une accumulation anormale de protéines.
L’équipe a également confirmé ces observations en pratiquant des autopsies sur des personnes décédées atteintes de la maladie d’Alzheimer, chez qui ce même germe a été identifié.
Perspectives thérapeutiques et enjeux de santé publique
L’identification de cette « cellule souche » ou « cellule sénile » permet aux chercheurs d’entamer des tests pour élaborer de nouveaux traitements médicamenteux. L’objectif serait de concevoir des thérapies capables d’éradiquer le germe lui-même plutôt que de cibler les protéines toxiques, ce qui pourrait permettre de retarder l’apparition de la pathologie.
L’urgence de ces recherches est accentuée par la progression de la maladie liée au vieillissement des populations :
- Au Japon : 5 millions de personnes vivent avec une forme d’Alzheimer, qu’elle soit développée ou non.
- En France : 1,4 million de malades étaient recensés en 2025. Selon France Alzheimer, ce chiffre pourrait doubler d’ici 25 ans.
Autres pistes de recherche sur l’origine de la maladie
Parallèlement, d’autres hypothèses explorent une piste infectieuse. Une étude publiée en 2019 dans Science Advances a suggéré un lien avec la cavité buccale, spécifiquement la bactérie P. gingivalis. Cette bactérie, responsable de maladies parodontales chroniques, serait capable de franchir la barrière hémato-encéphalique pour coloniser le cerveau.
Des recherches coordonnées par la start-up Cortexyme ont identifié des enzymes toxiques, les « gingipaïnes », sécrétées par cette bactérie dans le cerveau de patients. Ces enzymes sont corrélées à la protéine tau et à l’ubiquitine. Des gingipaïnes ont même été retrouvées chez des personnes décédées n’ayant jamais été diagnostiquées, suggérant un développement potentiel de la maladie si elles avaient vécu plus longtemps.
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