Home MondeLe négociateur en chef australien de la Cop31 envisage de faire pression sur les pétro-États en faveur de l’élimination progressive des combustibles fossiles | Cop31

Le négociateur en chef australien de la Cop31 envisage de faire pression sur les pétro-États en faveur de l’élimination progressive des combustibles fossiles | Cop31

by Clara Dubois

Publié le 2026-01-11 11:30:00. Le ministre australien du Changement climatique, Chris Bowen, entend user de son influence grandissante sur la scène internationale pour pousser les pays réticents, notamment l’Arabie saoudite, à accélérer la transition énergétique et à abandonner les combustibles fossiles.

  • Chris Bowen, nouveau « président des négociations » pour la COP31, se concentrera sur les discussions avec les pays les plus opposés aux objectifs climatiques.
  • L’Arabie saoudite est pointée du doigt pour avoir régulièrement freiné les efforts visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles lors des sommets de l’ONU.
  • Bowen estime que l’Australie, en tant qu’exportateur de combustibles fossiles, a une crédibilité particulière pour inciter les pays pétroliers à agir.

Désigné pour présider les négociations de la COP31 suite à l’attribution de la conférence à la Turquie, le ministre australien du Changement climatique et de l’énergie, Chris Bowen, a annoncé son intention de faire pression sur les pays les plus réticents à s’engager dans une transition énergétique ambitieuse. Il s’agit, selon ses propres termes, de « franchir des ponts très difficiles à franchir » lors des prochaines conférences de l’ONU.

Dans un entretien accordé à The Guardian Australia, Bowen a explicitement mentionné l’Arabie saoudite, un État du Golfe régulièrement accusé d’entraver les efforts internationaux pour accélérer l’abandon des énergies fossiles. Il a souligné la nécessité d’un dialogue direct et ferme avec ces pays pour obtenir des avancées significatives.

« Nous n’arriverons à rien si nous organisons simplement un rassemblement de volontaires. Nous avons besoin d’un flic qui essaie vraiment de franchir certains de ces ponts qui ont été très difficiles à franchir lors des COP récentes. »

Chris Bowen, ministre australien du Changement climatique et de l’énergie

Cette approche s’inscrit dans la continuité des appels lancés par le secrétaire d’État américain John Kerry, qui avait récemment exhorté l’Australie à jouer un rôle actif en incitant les principaux émetteurs mondiaux – Chine, Russie, États-Unis et Inde – à définir une feuille de route pour la fin de l’ère des combustibles fossiles.

L’Australie, bien que confrontée à la situation particulière d’être un important exportateur de combustibles fossiles, estime qu’elle dispose d’une « crédibilité » pour exercer une influence sur les pays pétroliers. Bowen a également souligné l’importance d’obtenir des résultats concrets lors de la COP31, en visant une avancée significative par rapport à la COP28 de Dubaï, où les nations s’étaient pour la première fois accordées sur la nécessité de s’éloigner progressivement des énergies fossiles.

Dans le cadre de l’accord conclu avec la Turquie, un événement pré-conférence sera organisé dans le Pacifique afin de sensibiliser l’opinion publique mondiale à la vulnérabilité des petites nations insulaires face à la crise climatique. Bowen a demandé au Forum des îles du Pacifique de choisir un pays hôte pour cet événement, qui servira également à encourager les contributions au fonds de résilience climatique de la région.

Malgré la déception de ne pas avoir obtenu l’organisation complète de la COP31, Bowen considère cette conférence comme une « opportunité remarquable » pour l’Australie. Il a également évoqué la nécessité d’accélérer la transition énergétique nationale, soulignant que les progrès réalisés en matière de réduction de la pollution sont « bons, mais qu’il reste encore beaucoup à faire ». Les dernières projections gouvernementales indiquent que l’Australie est sur la bonne voie pour atteindre son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 62 à 70 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2035, mais que des politiques plus ambitieuses seront nécessaires.

Les prochaines révisions du mécanisme de sauvegarde, conçu pour réduire la pollution dans les grandes installations industrielles, et de la norme nationale d’efficacité des véhicules, visant à promouvoir l’adoption des voitures électriques, représentent deux opportunités immédiates pour intensifier les efforts. La commission de productivité a récemment recommandé d’élargir le champ d’application du mécanisme de sauvegarde pour inclure davantage de pollueurs, en s’appuyant sur les modifications apportées par le gouvernement en 2023. Ce mécanisme concerne actuellement 219 sites émettant plus de 100 000 tonnes d’équivalent CO2 par an.

Bowen a toutefois mis en garde contre une extension excessive du mécanisme, soulignant la nécessité de trouver un équilibre entre l’inclusion d’un plus grand nombre d’entreprises et l’efficacité en termes de réduction des émissions.

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