Les États-Unis ont modifié lundi 27 novembre 2023 les recommandations vaccinales pédiatriques, réduisant le nombre de vaccins de routine proposés aux enfants et introduisant un nouveau processus de décision partagée pour certains vaccins, suscitant des inquiétudes quant à l’accès et à la confiance dans la santé publique.
Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) ont réduit de 17 à 11 le nombre de vaccins de routine recommandés pour les enfants. En outre, certains vaccins, dont ceux contre la COVID-19, la grippe et le rotavirus, nécessiteront désormais une discussion préalable avec un professionnel de santé avant d’être administrés. Cette nouvelle approche, qualifiée de « prise de décision clinique partagée », vise à impliquer davantage les patients et les médecins dans le choix des vaccins.
Cette modification intervient sans consultation préalable du Comité consultatif du CDC sur les pratiques d’immunisation (ACIP), un groupe d’experts chargé de formuler les recommandations vaccinales. L’ACIP avait été remanié l’année précédente par le secrétaire à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., qui avait nommé plusieurs personnes opposées à la vaccination au sein du comité. À ce stade, il n’est pas clair si une consultation de l’ACIP aurait conduit à un résultat différent.
L’administration Trump justifie ces changements en citant l’exemple du Danemark, qui recommande moins de vaccins que les États-Unis. Cependant, des experts soulignent que la taille et l’accès aux soins de santé du Danemark sont très différents de ceux des États-Unis, ce qui rend la comparaison problématique. « Il n’est pas pertinent de comparer les politiques vaccinales entre un pays de quelques millions d’habitants et un pays de plus de 330 millions », explique un spécialiste de la santé publique.
Les critiques craignent que ces changements ne rendent certains vaccins moins accessibles, en particulier pour les populations les plus vulnérables. Ils s’inquiètent également de la confusion que cela pourrait engendrer au sein d’une population américaine déjà divisée sur les questions de santé publique. L’administration Trump affirme que ces modifications sont nécessaires pour restaurer la confiance dans la vaccination, mais cette affirmation est contestée par de nombreux experts.
