Publié le 18 janvier 2026 21h48. L’analyse des débris d’un missile balistique russe de portée intermédiaire, le « Oreshnik », révèle l’absence d’un système de guidage indépendant pour ses ogives, soulevant des questions sur la précision de cette nouvelle arme.
- Un missile russe « Oreshnik » récemment analysé ne semble pas capable de guider individuellement ses ogives.
- L’étude porte sur des débris récupérés après une frappe sur la région de Lviv en Ukraine.
- Les experts estiment que le missile pourrait transporter jusqu’à 36 sous-munitions et atteindre une portée de 4 100 kilomètres.
Des experts militaires analysant les restes d’un missile russe de portée intermédiaire, connu sous les noms d’Oreshnik ou Kedr, ont constaté qu’il ne disposait pas du système de guidage sophistiqué permettant de diriger indépendamment chaque ogive vers sa cible. Cette conclusion, rapportée par une source militaire russe spécialisée, remet en question les capacités de précision de cette arme récemment utilisée contre l’Ukraine.
L’évaluation s’appuie sur un examen minutieux des débris récupérés suite à une frappe sur la région de Lviv. L’analyse indique que le missile ne possède pas de système de guidage indépendant de véhicules à rentrée multiple (MIRV). Ces systèmes sont généralement utilisés pour manœuvrer plusieurs ogives sur des trajectoires distinctes après la séparation du dernier étage du missile.
Au lieu d’un système de guidage sophistiqué, les composants récupérés suggèrent que le missile intègre une baie d’instruments scellée et un système d’orientation réactif aux gaz – des éléments typiques des conceptions de l’Institut de technologie thermique de Moscou. Ces éléments servent à stabiliser la section de l’ogive plutôt qu’à la guider précisément.
Les estimations suggèrent que le missile pourrait transporter six ogives, chacune contenant potentiellement six sous-munitions, pour un total de 36 éléments en grappe. La charge utile totale serait comprise entre 1 250 kg et 3 000 kg. Les analystes estiment que le missile pourrait atteindre une portée allant jusqu’à 4 100 kilomètres en utilisant les étages de propulsion typiques des ICBM (missiles balistiques intercontinentaux).
Chaque ogive, y compris sa charge utile en grappe, pourrait peser environ 400 kg et serait probablement conçue pour un impact cinétique à grande vitesse plutôt que pour une détonation explosive. Des fragments d’un missile similaire utilisé lors d’une frappe sur le Dniepr en novembre 2024 avaient déjà été examinés par des experts de l’Institut de recherche scientifique et d’examens médico-légaux de Kiev.
Ces experts avaient alors découvert des composants du système de navigation inertielle du missile, ainsi que des tubes électroniques à vide datant de l’ère soviétique. Certains composants portaient des codes de fabrication remontant à 2018, ce qui suggère qu’ils pourraient provenir de programmes d’armement antérieurs.
L’analyse d’images d’une frappe de missile survenue en janvier 2026 près de Lviv a également révélé un schéma particulier : seulement quatre groupes d’ogives atteignant le sol, suivis de deux impacts distincts à une certaine distance. Ce schéma suggère une possible défaillance du mécanisme de déploiement ou des dommages structurels lors de la rentrée atmosphérique.
La vitesse terminale du missile dépasserait Mach 11, soit environ 3 740 mètres par seconde, ce qui soulève des questions quant à la capacité de toutes les ogives à résister au stress de la rentrée sans se désintégrer.
Les services de sécurité ukrainiens avaient précédemment confirmé que les fragments retrouvés à Lviv appartenaient au missile russe Oreshnik, lancé dans la nuit du 8 au 9 janvier. Les débris comprenaient des composants de guidage et de moteur, et les enquêteurs considèrent cette frappe comme un crime de guerre potentiel.