Publié le 15 janvier 2026 03:53:00. L’annonce d’un plan d’investissement américain de 100 milliards de dollars dans le secteur pétrolier vénézuélien pourrait radicalement transformer les perspectives économiques du pays, selon l’économiste Asdrúbal Oliveros, qui anticipe une croissance significative si les relations avec les États-Unis se normalisent.
- Le PIB pétrolier vénézuélien pourrait augmenter d’environ 30 % en 2026.
- L’économie dans son ensemble pourrait croître de près de 10 %, un niveau inédit depuis une décennie.
- Le rôle des crypto-monnaies, notamment les stablecoins, devrait diminuer au profit des transactions bancaires traditionnelles si les revenus pétroliers se normalisent.
Les perspectives économiques du Venezuela ont connu un revirement majeur début janvier 2026, suite à l’annonce par l’administration américaine d’un plan d’investissement massif dans le secteur pétrolier. Alors que les analystes prévoyaient auparavant une stagnation, voire une contraction de l’économie, avec une inflation galopante et un déclin continu de la production pétrolière, un nouveau scénario se dessine, conditionné à une amélioration des relations bilatérales avec les États-Unis.
Selon l’économiste et consultant Asdrúbal Oliveros, si ce processus de normalisation se concrétise, l’impact sur le secteur pétrolier pourrait être considérable. Il estime que le PIB pétrolier pourrait croître d’environ 30 % en 2026, soit plus du double de la croissance observée ces dernières années. Cette impulsion positive pourrait se traduire par une croissance globale de l’économie de près de 10 %, un chiffre exceptionnel pour un pays qui a traversé une longue période de récession.
Cependant, Oliveros insiste sur le caractère conditionnel de ce scénario optimiste : « Si les sanctions ne sont pas levées et que l’exploitation pétrolière ne s’améliore pas, les perspectives seraient très différentes ». L’investissement annoncé de 100 milliards de dollars est une projection sur dix ans, et sa mise en œuvre nécessitera des réformes institutionnelles, juridiques et fiscales. Les effets les plus visibles de cet investissement ne devraient se faire sentir qu’à partir de 2027.
Amélioration du climat économique
L’impact initial sera avant tout psychologique. « Le changement dans les attentes est extrêmement important », souligne Oliveros. L’amélioration du climat économique se manifestera généralement par une revalorisation des actifs, tels que l’immobilier, une reprise de la consommation et une stabilisation du taux de change une fois que le marché des changes se sera normalisé.
Des améliorations plus durables en termes de bien-être dépendront de la pérennité de cette croissance. Néanmoins, un ralentissement de l’inflation, une normalisation du marché des changes et le redémarrage du secteur pétrolier pourraient générer des améliorations perceptibles à court terme, sans pour autant résoudre immédiatement les problèmes structurels de l’économie vénézuélienne.
La réaction des marchés financiers a été immédiate. Entre le 5 et le 9 janvier 2026, la Bourse de Caracas a enregistré un volume d’échanges de 5 347 millions de BS (bolivars), contre seulement 79,9 millions de BS lors de la première semaine de bourse de 2025. Parallèlement, le prix de l’USDT (Tether) a chuté de 620 à 530 bolivars, après avoir atteint un pic de 825,57 bolivars le 7 janvier.
Stablecoins : moins centraux, mais pas obsolètes
Oliveros ne prévoit pas la disparition des crypto-monnaies de l’écosystème financier vénézuélien, mais anticipe un changement de rôle. Au second semestre 2025, les stablecoins étaient devenus le principal mécanisme d’échange du secteur privé. Cette tendance devrait s’inverser si les flux pétroliers se normalisent et que les États-Unis gèrent les revenus énergétiques.
Dans ce scénario, les interventions de change seraient à nouveau canalisées par les banques, grâce aux dollars provenant des revenus pétroliers. Les stablecoins continueraient d’exister comme outil de couverture et d’épargne, mais ne seraient plus au cœur du marché des changes.
Interrogé sur la récente hausse du taux de change – de 311,88 Bs./$ à 321,03 Bs./$ le 7 janvier – Oliveros souligne le manque de clarté dans la stratégie de la Banque centrale du Venezuela. Le principal problème, selon lui, est que l’État ne contrôle pas les revenus pétroliers et n’a donc aucun moyen de défendre le taux de change ou d’intervenir sur le marché.
« La pression sur le marché parallèle reste un risque central : “Si nous constatons une pression sur le taux de change parallèle, cela déclenche les prix et vous n’atteignez pas la stabilité.”
Asdrúbal Oliveros, économiste et consultant
Pour cette raison, il considère comme une priorité d’obtenir des accords avec les États-Unis qui permettront de rétablir les flux pétroliers et de stabiliser le marché des changes.
En conclusion, Oliveros insiste sur le fait que le Venezuela entre dans une phase marquée par des opportunités sans précédent, mais aussi par des risques qui ne disparaîtront pas avec un simple changement politique. La possibilité d’une croissance à deux chiffres et d’une reprise accélérée du secteur pétrolier dépendra de la capacité du pays à maintenir la normalisation avec les États-Unis, à reconstruire les institutions économiques de base et à gérer prudemment un cycle d’attentes qui, pour l’instant, joue en sa faveur. Le tournant du 3 janvier ouvre une nouvelle carte économique, mais son tracé définitif dépendra encore de décisions à venir.
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