Le nouveau modèle de TGV de la SNCF réalise son premier service commercial vendredi 6 novembre au matin entre Paris et Marseille, avec deux ans et demi de retard sur l’objectif initial fixé pour les Jeux olympiques de Paris en 2024.
S’élançant depuis la gare de Lyon à Paris, ce train de cinquième génération fabriqué par Alstom ne dépasse pas la vitesse de 320 km/h. C’est le rythme des rames les plus récentes en circulation sur le réseau français (Le Monde).
À son bord, le voyage inaugural réunit notamment Jean Castex, le PDG de la SNCF, Martin Sion, le directeur général d’Alstom, et Philippe Tabarot, ministre des Transports.
Modularité et capacité sur la ligne Paris-Marseille
Connu de longue date sous le nom de TGV « M », le train se distingue par sa modularité. Il permet d’ajuster le nombre de voitures de huit à neuf et de faire varier les proportions de première ou de deuxième classe selon les saisons et les destinations (Le Monde).

Sur l’axe Paris-Marseille, la rame propose 573 places contre 500 pour les équipements actuels. Une configuration en classe unique peut atteindre 700 personnes (France 24).
L’aménagement intérieur, conçu par l’agence Arep et l’entreprise japonaise Nendo, intègre une voiture-bar à deux étages baptisée « le bistrot ». Le rez-de-chaussée met à disposition des frigos en libre-service, des machines à café, des micro-ondes et des caisses automatiques, tandis que la mezzanine accueille 28 sièges pour se restaurer. Les passagers en fauteuil roulant bénéficient d’un accès autonome grâce à un ascenseur dédié et d’un espace pouvant recevoir jusqu’à cinq fauteuils au rez-de-chaussée.
Calendrier des essais et des homologations
L’aboutissement de ce projet intervient après des années de mise au point industrielle. Un haut responsable de la SNCF avait espéré une mise en service pour les Jeux olympiques de Paris en 2024
lors de la présentation de la première cabine à l’usine Alstom de La Rochelle en 2020 (Le Monde, France 24). Les perturbations liées à la période du Covid-19, suivies de démêlés techniques et de l’ampleur des procédures d’homologation, ont repoussé l’échéance à 2025 puis à 2026 (Le Monde).
La rame a atteint pour la première fois la vitesse de 320 km/h le 14 septembre 2023 (Le Monde).
Trois ans et demi se sont écoulés entre les premiers essais en circuit menés en République tchèque en décembre 2022 et l’homologation finale prononcée en mai 2026 par la France et par l’European Railways Agency pour la sécurité (Le Monde).

Avant l’ouverture commerciale, 1 600 clients-mystères
, incluant des salariés d’Alstom et de la SNCF, ont évalué l’expérience à bord (Le Monde).
Bilan énergétique et déploiement progressif
Grâce à un nez effilé et à un aérodynamisme renforcé, ce train consomme 20 % d’énergie en moins tout en accueillant 20 % de passagers supplémentaires (Le Monde). Il intègre également des batteries de stockage d’énergie développées par Saft, conçues pour lui permettre de gagner la gare la plus proche en cas de coupure d’électricité ou de rupture de caténaire. Sur le plan environnemental, les rames affichent un taux de recyclabilité de 97 % et émettent 50 % de CO2 de moins par voyageur que le premier TGV lancé en 1981 (Le Monde).
Sur les 160 exemplaires commandés par la SNCF pour un montant supérieur à 5 milliards d’euros, 100 rames sont destinées au marché français, 15 aux liaisons avec la Belgique, 30 au réseau Eurostar et une quinzaine au marché italien (Le Monde). La compagnie prévoit un remplacement progressif du parc existant s’étalant sur une décennie, avec 19 rames mises en circulation dès la première année, puis environ 15 rames supplémentaires par an (Le Monde, Ici).