Publié le 14 novembre 2023 18:35:00. Le ministre pakistanais de la Santé tire la sonnette d’alarme face à une croissance démographique jugée insoutenable, qui menace de submerger un système de santé déjà fragile et insuffisamment équipé pour faire face à l’épidémie de diabète.
- Le Pakistan voit sa population augmenter chaque année de l’équivalent de celle de la Nouvelle-Zélande.
- Le taux de fécondité actuel de 3,6 est considéré comme non viable, même en cas de forte croissance économique.
- Un programme de formation inédit pour les infirmières spécialisées dans le diabète a été lancé, en réponse à la prévalence alarmante de la maladie dans le pays.
Karachi – Le ministre fédéral pakistanais de la Santé, Mustafa Kamal, a exprimé une vive inquiétude quant à la capacité du pays à répondre aux besoins croissants de sa population. S’exprimant lors d’un événement organisé à l’occasion de la Journée mondiale du diabète dans un hôpital privé de Karachi, il a dénoncé un système de santé axé sur le traitement de la maladie plutôt que sur sa prévention.
Selon le ministre, les fondements d’une bonne santé publique résident dans l’accès à un accouchement sûr, à une vaccination précoce et à de l’eau potable – des services de base qui restent inaccessibles à une part importante de la population pakistanaise. Il a souligné que la croissance démographique du Pakistan, qui équivaut chaque année à l’ajout de la population de la Nouvelle-Zélande, met une pression insupportable sur les infrastructures de santé existantes.
« Même si le PIB augmentait de 10 %, ce ne serait toujours pas suffisant. »
Mustafa Kamal, ministre fédéral de la Santé
L’événement a été marqué par le lancement du premier cours de formation destiné à créer des infirmières expertes en diabète au Pakistan. Les organisateurs ont précisé que le pays ne disposait actuellement d’aucune infirmière spécialisée dans cette pathologie, alors que près de 33 % de la population vit avec le diabète. Ils ont également souligné qu’un quart des Pakistanais souffre de cette maladie, la plupart sans en avoir conscience.
Le taux de fécondité actuel de 3,6 est jugé insoutenable par le ministre Kamal, qui estime que même une croissance économique significative ne suffirait pas à compenser les défis démographiques du pays. Le Pakistan, selon ses termes, fonctionne comme une « usine à patients », un constat alarmant qui appelle à une refonte profonde des politiques de santé publique.
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