Home MondeLe Pape signe une lettre apostolique commémorant le 60e anniversaire de Gravissimum Educationis

Le Pape signe une lettre apostolique commémorant le 60e anniversaire de Gravissimum Educationis

by Clara Dubois

Publié le 28 octobre 2025 21h48. À l’occasion du soixantième anniversaire de la déclaration Gravissimum Educationis, le pape Léon XIV a signé une lettre apostolique et présidé une messe à Saint-Pierre, appelant à une unité renouvelée entre foi et raison dans le monde académique.

  • Le pape Léon XIV a signé une lettre apostolique pour marquer les soixante ans de Gravissimum Educationis, un document clé du Concile Vatican II sur l’éducation.
  • Lors d’une messe célébrée en la basilique Saint-Pierre, il a souligné l’importance d’une vision globale et d’une recherche de la vérité libératrice.
  • Le pontife a exhorté les universitaires à éviter l’abstraction intellectuelle et à orienter leurs travaux vers le bien commun et l’approfondissement de la foi.

La signature de la lettre apostolique et la célébration de la messe s’inscrivent dans le cadre de l’Année jubilaire de l’éducation, une initiative visant à réaffirmer le rôle essentiel de l’éducation dans la transmission des valeurs chrétiennes et le développement humain. Le pape a rencontré les étudiants et les professeurs des universités pontificales, les encourageant à réfléchir sur les défis contemporains de l’enseignement et de la recherche.

Dans son homélie, le pape Léon XIV a mis en lumière la symbolique du pèlerinage et du passage de la Porte Sainte, rappelant que la foi est un cheminement constant, une “transition” de l’esclavage à la liberté, de la mort à la vie. Il a insisté sur la nécessité d’un renouvellement permanent et d’une espérance inébranlable.

S’adressant directement aux étudiants, le pape a interrogé la grâce qui les touche le plus profondément, répondant :

« C’est la grâce d’une vision globale, d’une perspective qui peut englober l’horizon – qui peut voir au-delà. »

Pape Léon XIV

Il a illustré cette idée en s’appuyant sur l’Évangile de Luc (13, 10-17) et l’histoire de la femme guérie par Jésus, comparant cette guérison au don de la connaissance.

Selon le pape, la condition de la femme, courbée depuis dix-huit ans, symbolise une fermeture spirituelle et intellectuelle, l’incapacité à dépasser ses propres limites :

« Lorsque l’homme ne peut pas voir au-delà de lui-même, de ses expériences, de ses idées et de ses croyances, de ses propres projets”, a-t-il expliqué, “alors il reste captif, asservi et incapable de former des jugements mûrs”.

Pape Léon XIV

L’étude, a-t-il poursuivi, est un acte de libération qui élève l’esprit, guérit l’égoïsme et ouvre à une vision plus large, embrassant le mystère, la vérité et la communion avec les autres. Les étudiants sont appelés à élargir leurs horizons et à redécouvrir un regard tourné vers le haut, vers Dieu, vers les autres et vers le sens profond de la vie.

Le pape a exprimé son inquiétude face à la tendance du monde moderne à accumuler des connaissances fragmentées sans parvenir à une vision d’ensemble, à une unité entre savoir et sens. Il a appelé les chercheurs à redécouvrir l’harmonie entre l’intellect et l’esprit, incarnée par des figures emblématiques comme saint Augustin, saint Thomas d’Aquin, sainte Thérèse d’Avila et sainte Edith Stein.

« L’Église a besoin de cette perspective unifiée – à la fois pour aujourd’hui et pour l’avenir »

Pape Léon XIV

a-t-il déclaré, exhortant les universitaires à veiller à ce que leur travail ne se réduise pas à un exercice intellectuel abstrait, mais devienne une force transformatrice, capable d’approfondir la foi et de témoigner de l’Évangile.

Le pape a enfin souligné que la mission de l’enseignant est une véritable œuvre de miséricorde, comparable au miracle évangélique de la guérison. L’enseignement consiste à aider les individus à se réaliser pleinement, à développer une conscience éclairée et un esprit critique. Les universités pontificales, a-t-il insisté, doivent poursuivre cette mission de Jésus, une forme d’amour exprimée à travers l’étude et la recherche de la vérité.

Satisfaire la soif de vérité et de sens est une tâche essentielle, car sans elle, nous risquons de sombrer dans le vide et la mort spirituelle, a-t-il averti. En conclusion, le pape a rappelé que la recherche de la vérité révèle non seulement la connaissance, mais aussi l’appartenance, citant l’apôtre Paul :

« Vous n’avez pas reçu un esprit d’esclavage, afin de vivre de nouveau dans la crainte, mais vous avez reçu un esprit de justice » (Romains 8 : 15).

Apôtre Paul

Dans l’étude et la recherche, chaque personne peut redécouvrir la vérité fondamentale de notre existence : nous ne sommes pas seuls, mais nous appartenons à un Père aimant qui a un plan pour nos vies. Le pape a terminé en priant pour que tous ceux qui œuvrent dans le domaine académique soient des hommes et des femmes qui ne s’inclinent jamais devant eux-mêmes, mais qui portent partout avec eux la joie et le réconfort de l’Évangile.

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