Publié le 23 décembre 2025 à 00:20:00. Face à la pression américaine croissante, le Parlement vénézuélien, dominé par le parti au pouvoir, a adopté une loi visant à protéger le commerce pétrolier du pays et à contrer les sanctions imposées par Washington, prévoyant des peines sévères pour ceux qui soutiendraient un éventuel blocus.
- Le Parlement vénézuélien a approuvé en première lecture une loi garantissant la liberté de navigation et de commerce face aux sanctions américaines.
- La loi prévoit des peines de prison allant jusqu’à 20 ans pour quiconque soutiendrait des actions considérées comme de la « piraterie » contre le Venezuela.
- Cette initiative intervient après une série de saisies de pétroliers par les États-Unis et un déploiement militaire accru dans les Caraïbes.
Caracas dénonce une tentative de « changement de régime » de la part de Washington et s’oppose fermement aux saisies de pétrole vénézuélien. Le Parlement, contrôlé par le parti chaviste, a adopté lundi une loi destinée à contrer les sanctions américaines qui visent à couper le flux de pétrole brut en provenance du Venezuela. Le texte, qui doit encore être approuvé lors d’une seconde lecture mardi, entend protéger les activités commerciales du pays et punir sévèrement toute entrave à la navigation et au commerce.
Selon le député Giuseppe Alessandrello, la loi, structurée en deux chapitres et 11 articles, a pour objectif de « garantir les libertés de navigation et de commerce des marchandises protégées par les traités internationaux ratifiés par le Venezuela ». Il a souligné que cette réglementation vise à « protéger l’économie nationale et empêcher l’érosion du niveau de vie de la population » dans un contexte de tensions croissantes avec les États-Unis, qui ont déployé des forces militaires dans les Caraïbes en août dernier, officiellement pour lutter contre le trafic de drogue.
Le législateur a également affirmé que la loi vise à « protéger la relation commerciale et à nous protéger des actes de prédation du gouvernement des États-Unis dans notre mer ». Il a justifié la législation en se basant sur la Convention de Genève sur la haute mer de 1958 et sur la Charte des Nations Unies.
La proposition de loi prévoit des sanctions sévères pour toute personne impliquée dans des actions visant à entraver le commerce pétrolier vénézuélien. Selon Alessandrello,
« toute personne qui promeut, incite, demande, invoque, favorise, facilite, soutient, finance ou participe à des actions de piraterie, de blocus ou d’autres crimes internationaux » contre le Venezuela
Giuseppe Alessandrello, député
recevra une peine de prison de 15 à 20 ans, ainsi qu’une amende équivalant à entre 100 000 et un million de fois le taux de change le plus élevé de la Banque centrale du Venezuela (BCV).
Cette initiative intervient après que le président américain Donald Trump a annoncé un blocus contre les pétroliers sanctionnés quittant et entrant au Venezuela. Le 10 décembre, les États-Unis ont saisi le navire sanctionné Skipper et ont confisqué le pétrole vénézuélien qu’il transportait. Plus d’informations sur la saisie du Skipper (El Tiempo). Washington a également intercepté dimanche un pétrolier dans la mer des Caraïbes, près des côtes vénézuéliennes, et a saisi un pétrolier panaméen transportant du « pétrole brut sanctionné » au sein de la « flotte fantôme » vénézuélienne.
Le Venezuela dénonce ces actions comme une tentative de déstabilisation et de prise de contrôle de ses ressources naturelles.