Home AffairesLe patron de Ford déclare sans ambages qu’il a 25 ans de retard sur les constructeurs automobiles chinois

Le patron de Ford déclare sans ambages qu’il a 25 ans de retard sur les constructeurs automobiles chinois

by Amélie Bernard

Publié le 29 décembre 2023. Le PDG de Ford, Jim Farley, tire la sonnette d’alarme face à la montée en puissance des constructeurs automobiles chinois, notamment dans le domaine des véhicules électriques, et reconnaît un retard technologique significatif par rapport à ses concurrents asiatiques.

  • Jim Farley estime que Ford accuse un retard de 25 ans sur les constructeurs chinois en matière de technologie automobile.
  • Il a personnellement testé plusieurs véhicules électriques chinois, dont la Xiaomi SU7, et a été impressionné par leur sophistication et leurs performances.
  • Ford s’efforce désormais de rattraper son retard et considère la Chine comme un concurrent majeur, au même titre que Tesla.

La concurrence dans l’industrie automobile est en pleine mutation. Jim Farley, le PDG de Ford, a récemment entrepris une analyse approfondie des véhicules fabriqués en Chine, une démarche motivée par la crainte de voir son entreprise prendre du retard sur un marché en pleine expansion. Ses conclusions sont sans appel : les constructeurs automobiles chinois ont pris une avance considérable sur les marques américaines traditionnelles.

L’alerte a été donnée par Doug Field, un ancien cadre de Tesla et d’Apple, recruté par Ford pour stimuler l’innovation. Selon Farley, Field lui a déclaré :

« Jim, ton système de libération de pièces, ton architecture informatique et tes outils de conception CAO ont 25 ans de retard (par rapport aux marques chinoises). Tu ne peux pas rivaliser avec BYD. Tu as besoin d’une réelle expertise. »

Pour se rendre compte de l’ampleur du défi, Farley a demandé à sa direction d’importer aux États-Unis cinq des meilleurs véhicules électriques chinois, acheminés par avion jusqu’à Chicago puis transportés jusqu’au siège de Ford à Dearborn. L’objectif était de permettre à ses équipes d’évaluer de près la qualité et la rapidité d’innovation de ces concurrents.

Parmi les modèles testés, la Xiaomi SU7 a particulièrement marqué le PDG de Ford. Il la décrit comme aussi sophistiquée qu’Apple et aussi agréable à conduire qu’une Porsche Taycan.

« Je suis très impressionné par Xiaomi. Ce n’est pas étonnant qu’ils réussissent : ils sont la pomme chinoise. »

a-t-il déclaré.

Farley a été frappé par la fluidité de l’expérience utilisateur, notamment la reconnaissance automatique du téléphone portable sans appairage préalable, la reconnaissance faciale, l’assistant vocal intégré et une interface utilisateur (UI/UX) jugée comparable à celle d’Apple en termes de cohérence et de facilité d’utilisation. Les performances de la voiture l’ont également impressionné :

« Cette voiture est dotée d’une reconnaissance faciale, d’un assistant IA dans le véhicule, et peut accélérer de 0 à 100 km/h en trois secondes sur simple pression d’un bouton. C’est comme (conduire) une Porsche Taycan. »

Conscient de l’urgence de la situation, Farley insiste sur la nécessité pour Ford de s’adapter rapidement.

« Ford a manqué le Japon, Ford a manqué la Corée du Sud, donc nous ne pouvons pas manquer la Chine. »

a-t-il affirmé. Il a exhorté ses équipes à considérer la concurrence chinoise avec le même sérieux que celle de Tesla, soulignant que l’engagement de toute l’entreprise est essentiel pour relever ce défi.

La Chine s’impose donc comme le principal concurrent de Ford, et non plus seulement Tesla ou les constructeurs traditionnels. L’entreprise américaine est désormais engagée dans une course contre la montre pour rattraper son retard technologique et préserver sa position sur le marché mondial.

(sfn/sec)

You may also like

Leave a Comment