Home MondeLe patron de Geomar, Matthes, déçu par la conférence mondiale sur le climat

Le patron de Geomar, Matthes, déçu par la conférence mondiale sur le climat

by Clara Dubois

La COP30, qui s’est achevée au Brésil, a laissé un goût amer aux observateurs, notamment en raison de l’absence d’un calendrier clair pour l’abandon des énergies fossiles. Katja Matthes, directrice de l’institut de recherche Geomar de Kiel, exprime sa déception face à un sommet climatique qui n’a pas suffisamment intégré la question cruciale de l’océan.

La 30e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, qui s’est tenue au Brésil, a abouti à un compromis minimal. Les délégués de près de 200 pays n’ont pas réussi à s’entendre sur une feuille de route contraignante pour sortir du charbon, du pétrole et du gaz. Malgré un engagement à maintenir l’objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius, l’absence de mesures concrètes pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles suscite de vives critiques.

Katja Matthes, du Centre Geomar Helmholtz pour la recherche océanique, était présente à la COP30, où Geomar a participé pour la troisième fois au Pavillon Océan avec des partenaires internationaux. « Oui, je suis surprise, et surtout déçue, je dois dire », a-t-elle déclaré à NDR Schleswig-Holstein. « C’est plus urgent que jamais. 2024 a été l’année où nous avons assisté pour la première fois à une augmentation mondiale de 1,5 degré. Les mers se réchauffent, la mer Baltique se réchauffe, et le budget carbone mondial sera épuisé dans quatre ans si nous voulons maintenir ce niveau de 1,5 degré. »

Elle souligne l’importance cruciale de l’océan dans la lutte contre le changement climatique, un aspect qui reste, selon elle, trop marginal dans les discussions internationales. « Nous avons besoin de toute urgence de mesures de protection du climat et nous avons besoin d’une sortie – d’une feuille de route pour sortir des combustibles fossiles et le rôle de l’océan est très marginal. En fait, on ne peut parler de protection du climat que si l’on parle aussi de protection des océans, et cela me déçoit. »

Au cours de la conférence, Geomar a animé de nombreux événements au Pavillon Océan, en collaboration avec des collègues internationaux, notamment américains, pour discuter des solutions que l’océan peut offrir en matière de protection du climat. Matthes a également souligné l’importance des échanges avec la société civile et les ONG, qui ont exprimé un fort désir d’action rapide.

« Nous sommes la terre entre les mers », a-t-elle rappelé, notant que la perception de l’océan en tant qu’élément clé de la protection du climat a évolué au cours des dernières années. L’existence du Pavillon Océan depuis quatre ans, et la participation de Geomar depuis trois ans, ont contribué à inscrire l’océan à l’agenda climatique international. Le Brésil a même nommé un commissaire maritime, témoignant d’une prise de conscience accrue. Cependant, cette importance n’est pas suffisamment reflétée dans la déclaration finale de la COP30, où l’océan n’est mentionné qu’une seule fois et la protection des écosystèmes marins deux fois.

Le ministre allemand de l’Environnement, Steffi Lemke, a promis 60 millions d’euros supplémentaires pour aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique. On attend désormais de l’Allemagne une contribution significative au fonds pour la forêt tropicale.

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