Le peintre britannique David Hockney, figure emblématique du pop art, est décédé le jeudi 11 juin 2026 à Londres à l’âge de 88 ans. Reconnu pour sa maîtrise vibrante de la couleur et son exploration constante des supports, il a marqué l’art contemporain par ses paysages californiens et son usage précurseur du numérique.
Un record de fréquentation et des sommets financiers
Photo: madame.lefigaro.fr
La disparition de David Hockney laisse derrière elle un bilan institutionnel et commercial colossal. Selon Le Temps, son exposition à la Fondation Louis Vuitton en 2025 a établi un record de fréquentation pour un artiste vivant avec 916 614 entrées. Ce chiffre surpasse la performance historique enregistrée au Centre Pompidou en 1979 pour la première rétrospective de Salvador Dalí, qui avait attiré 900 000 visiteurs.
L’influence de l’artiste s’est également traduite par des prix records sur le marché de l’art. En 2018, la maison Christie’s a adjugé l’œuvre Portrait of an Artist (Pool with Two Figures), peinte en 1972, pour la somme de 90,3 millions de dollars. À l’époque, ce montant a propulsé Hockney au rang d’artiste en activité le plus cher au monde, avant qu’il ne soit dépassé de peu par Jeff Koons.
De Bradford à Londres : l’éveil d’un coloriste
Photo: Ouest-France
Né le 9 juillet 1937 à Bradford, dans le Yorkshire, Hockney a développé très tôt une discipline rigoureuse. Dès l’âge de 11 ans, il s’est lancé dans des études artistiques, confiant au Monde dessiner douze heures par jour. Le déclic esthétique survient en 1955 lors d’une exposition consacrée à Van Gogh à la City Art Gallery de Manchester.
Ce contact avec l’art moderne a été un choc visuel pour le jeune peintre, habitué à la grisaille et à la brume de sa ville natale. Cette fascination pour la couleur l’a conduit à intégrer le Royal College of Art de Londres en 1959, où il a rapidement imposé son talent technique face aux étudiants londoniens.
L’époque californienne et la rupture avec Peter Schlesinger
En 1964, David Hockney quitte l’Angleterre pour s’installer à Los Angeles, fuyant une société britannique alors intolérante envers l’homosexualité, laquelle était illégale. C’est durant cette période qu’il délaisse l’huile pour l’acrylique et les rouleaux, créant ses love paintings et ses propaganda paintings, comme le rapporte Franceinfo.
Cette phase est indissociable de sa relation avec Peter Schlesinger, rencontré en 1966. Schlesinger, alors âgé de 18 ans, devient sa muse et son amant, inspirant les toiles les plus célèbres de l’artiste. Cependant, cette passion s’est achevée brutalement. Madame Figaro souligne que le film documentaire A Bigger Splash, sorti en 1973, a acté leur séparation en montrant Schlesinger avec un autre homme, laissant Hockney dévasté.
J’ai adoré l’idée de peindre quelque chose qui ne durait que 2 secondes. Il m’a fallu 2 semaines pour peindre cet événement de 2 secondes !
Le peintre britannique David Hockney est décédé à 88 ans • FRANCE 24
David Hockney, évoquant l’œuvre A Bigger Splash, via Franceinfo
L’iPad comme nouvelle palette artistique
Loin de s’enfermer dans ses acquis, Hockney a embrassé les technologies numériques avec un enthousiasme rare pour un artiste de sa génération. Dès 2010, il adopte l’iPad, qu’il considère comme un bloc à dessin. Selon 20 Minutes, il a utilisé l’application Brushes pour créer des œuvres vectorielles redimensionnables, permettant une précision et une portabilité accrues.
L’artiste a exposé ses premiers dessins numériques à la Royal Academy of Arts de Londres en 2012. Pour lui, l’outil numérique ne remplaçait pas la peinture mais s’y ajoutait, offrant l’avantage de garder les mains propres tout en saisissant l’instant avec rapidité.
2010 : Adoption de l’iPad et début des expérimentations numériques.
2011 : Création de 94 œuvres numériques célébrant le printemps dans le Yorkshire.
2012 : Première exposition de dessins sur iPad à la Royal Academy of Arts.
2020 : Production d’une centaine d’œuvres sur iPad durant le confinement en Normandie.
L’exil normand et le retour aux sources
En 2019, Hockney s’installe en Normandie, dans le pays d’Auge, où il acquiert une demeure à colombages. Comme le relate Ouest-France, deux facteurs ont motivé ce choix : la proximité de la Tapisserie de Bayeux et la liberté de fumer à l’air libre.
C’est dans cet atelier normand qu’il a continué de peindre les saisons, avant de retourner s’installer dans son pays natal en 2023. Il a terminé ses jours à Londres, laissant une œuvre qui a su évoluer du portrait classique aux paysages numériques, tout en restant fidèle à une obsession : la lumière et la couleur.
Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.