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Le pétrole du Venezuela n’est pas nécessaire : les « accords » pétroliers de Trump au Venezuela échoueront

Publié le 5 janvier 2026 à 06h11. L'ancien président américain Donald Trump affirme que le renversement de Nicolás Maduro au Venezuela constituerait une aubaine économique pour les États-Unis, mais les experts et les acteurs du secteur pétrolier tempèrent…

Le pétrole du Venezuela n’est pas nécessaire : les « accords » pétroliers de Trump au Venezuela échoueront

Publié le 5 janvier 2026 à 06h11. L’ancien président américain Donald Trump affirme que le renversement de Nicolás Maduro au Venezuela constituerait une aubaine économique pour les États-Unis, mais les experts et les acteurs du secteur pétrolier tempèrent cet optimisme face aux défis considérables que représente l’exploitation des ressources vénézuéliennes.

  • Donald Trump prévoit des investissements massifs des compagnies pétrolières américaines au Venezuela, financés par les revenus pétroliers du pays.
  • Ces compagnies se montrent pour l’instant réticentes, conscientes des risques liés aux investissements au Venezuela et de leur passé douloureux dans le pays.
  • Le pétrole vénézuélien, principalement lourd et visqueux, est moins attractif sur le marché mondial et sa production actuelle est loin de répondre aux attentes.

Donald Trump se montre optimiste quant à la perspective d’une exploitation rapide et lucrative des ressources pétrolières vénézuéliennes. Il a déclaré que les « très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus grandes au monde » investiraient désormais « des milliards de dollars » pour « réparer les infrastructures gravement endommagées » et vendraient ensuite « de grandes quantités » de pétrole « à d’autres pays ». Il a même affirmé que l’occupation du Venezuela ne coûterait « pas un centime » aux États-Unis, l’argent provenant directement « du sol ».

Cependant, cette vision enthousiaste contraste fortement avec la prudence affichée par les entreprises concernées. ConocoPhillips a ainsi déclaré qu’il était « trop tôt pour spéculer sur de futures activités commerciales ou investissements » au Venezuela. Cette réticence s’explique par une expérience amère vécue dans le passé. En 2007, sous la présidence d’Hugo Chávez, prédécesseur de Maduro, ces compagnies ont été en grande partie dépossédées de leurs actifs. Seule Chevron est restée sur place, tandis que ConocoPhillips et ExxonMobil ont entamé des procédures d’indemnisation devant les tribunaux d’arbitrage internationaux. ConocoPhillips a finalement obtenu 10 milliards de dollars et ExxonMobil plus d’un milliard de dollars, mais le Venezuela a rarement honoré ces décisions.

Trump, pour sa part, estime que le Venezuela a « volé » le pétrole américain et qu’il est temps de le « récupérer ». Mais au-delà de ces considérations politiques, la réalité économique est plus complexe. Le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, représentant environ 17 % des gisements connus. Cependant, il s’agit en grande partie de pétrole lourd, difficile et coûteux à traiter, générant des produits résiduels comme l’asphalte et se négociant à des prix inférieurs à ceux du pétrole dit « léger », que l’on trouve au Moyen-Orient ou en mer du Nord.

La production vénézuélienne a chuté de 3,5 millions de barils par jour dans les années 1970 à moins d’un million de barils actuellement, représentant environ 1 % de la production mondiale. Les experts estiment qu’il faudrait investir environ 110 milliards de dollars pour ramener la production à 2 % du total mondial. Or, dans un contexte de surproduction mondiale, les prix du pétrole ont chuté de 22 % en 2025, passant sous la barre des 60 dollars le baril, sans signe de reprise à court terme.

L’annonce en décembre 2025 par Trump d’un blocus de tous les pétroliers entrant et sortant du Venezuela n’a d’ailleurs eu aucun impact sur les prix mondiaux, illustrant le peu d’importance que le marché accorde actuellement au pétrole vénézuélien.

Un seul pays semble réellement dépendant du pétrole vénézuélien : Cuba. Les importations en provenance du Venezuela représentent environ 30 % de l’approvisionnement en pétrole de l’île. Cuba paie traditionnellement ces importations en envoyant des milliers d’infirmières et de médecins au Venezuela. La Maison Blanche semble vouloir exploiter cette dépendance. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a ainsi déclaré avec condescendance : « Si je vivais à La Havane et si j’étais au gouvernement, je serais au moins un peu inquiet. » Trump a quant à lui affirmé qu’une intervention militaire n’était plus nécessaire : « Cuba tombera tout seul… Cela a toujours beaucoup dépendu du Venezuela. C’est de là qu’ils tiraient leur argent. »

Les États-Unis se présentent comme les grands gagnants de ce renversement de pouvoir au Venezuela, mais l’histoire montre que de tels calculs sont souvent erronés. L’invasion de l’Irak en 2003 et la capture puis l’exécution de Saddam Hussein n’ont pas stabilisé le pays, qui reste aujourd’hui plongé dans la guerre et la terreur. La situation est similaire en Libye, où l’intervention de l’OTAN en 2011 n’a pas permis d’instaurer la paix. Dans les deux cas, la production pétrolière a été fortement perturbée par les conflits.

Le Venezuela pourrait bien connaître le même sort, se retrouvant paralysé par les troubles et incapable d’exploiter pleinement ses ressources pétrolières.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.