Publié le 16 décembre 2025 à 17h55. Les marchés financiers mondiaux ont connu une journée de fortes baisses, plombés par des indicateurs économiques américains décevants et l’espoir d’une désescalade du conflit en Ukraine qui pèse sur les prix du pétrole.
- Les principales bourses mondiales ont clôturé en territoire négatif.
- Le prix du baril de pétrole Brent est tombé à son plus bas niveau depuis mai.
- Les données sur l’emploi aux États-Unis ont révélé un ralentissement du marché du travail.
Les marchés boursiers ont été ébranlés mardi par une conjonction de facteurs, en tête desquels figurent les perspectives d’un assouplissement des sanctions internationales sur le pétrole russe dans le cadre de négociations de paix potentielles. Cette perspective a entraîné une chute brutale des prix de l’énergie, tandis que des données économiques américaines plus faibles ont alimenté les inquiétudes quant à la santé de la plus grande économie mondiale.
Le baril de pétrole brut Brent, référence internationale, a chuté sous la barre des 60 dollars américains (USD) pour la première fois depuis mai. Le West Texas Intermediate (WTI), principal contrat à terme américain, a quant à lui perdu 3,1 % pour atteindre 55,08 USD le baril, son niveau le plus bas depuis février 2021, soit près d’un an avant le début de l’invasion russe de l’Ukraine.
Cette baisse des prix du pétrole fait suite à une déclaration du président américain Donald Trump, qui a affirmé lundi qu’un accord de paix en Ukraine était plus proche que jamais. Cette annonce intervient après des discussions avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et d’autres dirigeants européens.
« Un accord de paix entre la Russie et l’Ukraine semble de nouveau à l’ordre du jour, mais il y a déjà eu plusieurs fausses alertes cette année. »
Derren Nathan, responsable de la recherche actions chez Hargreaves Lansdown
Un accord de paix pourrait entraîner un allègement des sanctions imposées au pétrole russe, ce qui, selon les analystes, pourrait aggraver les craintes d’une offre excédentaire sur le marché de l’énergie.
Parallèlement, les données économiques américaines ont révélé que le taux de chômage a atteint 4,6 % en novembre, son plus haut niveau depuis quatre ans, contre 4,4 % en septembre. Le rapport, publié avec un certain retard en raison d’une paralysie gouvernementale prolongée, a également indiqué que l’économie américaine avait perdu 105 000 emplois en octobre, bien que les créations d’emplois aient légèrement rebondi en novembre, à 64 000, un rythme plus lent qu’auparavant.
« Les données publiées aujourd’hui aux États-Unis ont été généralement plus faibles que prévu, mais pas aussi graves que certains le craignaient. »
Fawad Razaqzada, analyste chez Forex.com
Ce rapport sur l’emploi plus faible que prévu a renforcé les anticipations d’une possible baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale américaine (Fed) en mars. Avant la publication du rapport, le marché estimait la probabilité d’une baisse des taux à un peu moins de 50 % ; ce chiffre est passé à environ 60 % immédiatement après la publication des chiffres.
Steve Sosnick, d’Interactive Brokers, a toutefois nuancé cette perspective, estimant que les chiffres de l’emploi, bien que médiocres, ne sont probablement pas suffisamment alarmants pour inciter la Fed à agir dès janvier. Il a déclaré : « Le problème avec ces chiffres, dans une certaine mesure, c’est qu’ils ne sont pas bons, mais ils ne sont pas suffisamment mauvais pour que la Fed agisse particulièrement rapidement. »
Les inquiétudes concernant le secteur technologique ont également pesé sur le moral des investisseurs, exacerbées par les avertissements récents concernant une possible bulle spéculative liée à l’intelligence artificielle et les résultats décevants d’Oracle et de Broadcom la semaine dernière. « Les investisseurs semblent de plus en plus préoccupés par les valorisations des entreprises technologiques », a souligné David Morrison, analyste chez Trade Nation.
Les marchés boursiers européens ont suivi la tendance baissière mondiale. L’indice FTSE 100 de Londres a perdu 0,7 %, clôturant à 9 685,50 points. Sur le continent, l’indice DAX de Francfort a reculé de 0,6 %, pour atteindre 24 096,31 points, tandis que le CAC 40 de Paris a enregistré une baisse plus modérée de 0,2 %, clôturant à 8 109,25 points.
Cette faiblesse en Europe s’explique en partie par la prise de bénéfices sur les valeurs défensives, après les progrès des pourparlers de paix entre la Russie et l’Ukraine.
Au Royaume-Uni, les données décevantes sur l’emploi ont renforcé les attentes d’une baisse des taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre jeudi.
Les marchés asiatiques ont également clôturé la journée en territoire négatif. Le Nikkei 225 de Tokyo a chuté de 1,6 %, l’indice Hang Seng de Hong Kong de 1,5 % et le Shanghai Composite de 1,1 %.