Publié le 16 décembre 2025 à 13h07. Les prix du pétrole ont connu une forte baisse ce jour, atteignant leur plus bas niveau depuis mai, dans un contexte de perspectives accrues pour un accord de paix en Ukraine et d’éventuelles assouplissements des sanctions internationales.
- Le baril de pétrole Brent est passé sous la barre des 60 dollars, chutant de 1,3 %.
- Les négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine progressent, suscitant l’espoir d’une fin du conflit.
- La faiblesse des données économiques chinoises alimente les craintes d’une demande mondiale insuffisante.
La chute des prix du pétrole s’explique principalement par un regain d’optimisme concernant une résolution du conflit en Ukraine. Les États-Unis ont proposé des garanties de sécurité de type OTAN à Kiev, et les négociateurs européens ont fait état de progrès significatifs dans les discussions visant à mettre fin à la guerre. Cette perspective ouvre la voie à un possible allègement des sanctions imposées à la Russie, ce qui pourrait entraîner une augmentation de l’offre de pétrole sur le marché.
Les contrats à terme sur le brut Brent ont ainsi perdu 81 cents, soit environ 1,3 %, pour s’établir à 59,75 dollars le baril. Le brut américain West Texas Intermediate (WTI) a également reculé, de 84 cents (près de 1,5 %), pour atteindre 55,98 dollars le baril.
« Le Brent est tombé ce matin en dessous de 60 dollars le baril pour la première fois depuis des mois, alors que le marché évalue un éventuel accord de paix qui entraînerait la disponibilité de volumes russes supplémentaires et une offre excédentaire du marché. »
Janiv Shah, analyste chez Rystad
Cependant, la Russie a réaffirmé sa position, indiquant qu’elle n’était pas disposée à faire des concessions territoriales dans le cadre des négociations. Selon l’agence de presse TASS, citant le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Ryabkov, les discussions s’annoncent donc difficiles.
Parallèlement, la faiblesse des données économiques chinoises, publiées hier, ajoute une pression supplémentaire sur les prix. La croissance de la production industrielle chinoise a ralenti à son plus bas niveau depuis 15 mois, et les ventes au détail ont enregistré leur plus faible progression depuis décembre 2022, en pleine pandémie de Covid-19. Cette situation alimente les craintes d’une demande mondiale insuffisante pour absorber une éventuelle augmentation de l’offre.
Les analystes de PVM Oil Associates anticipent une poursuite de la baisse des prix, avec un nouveau plus bas annuel pour le Brent, mais estiment qu’il ne descendra pas en dessous de 55 dollars le baril avant la fin de l’année. Selon John Evans, analyste chez PVM Oil Associates : « Les difficultés des négociations s’accompagneront d’une baisse continue des prix alors que nous entrons en 2026 avec toutes ses prédictions de « surabondance » associées. »
Barclays prévoit quant à lui un prix moyen du Brent de 65 dollars le baril en 2026, légèrement supérieur aux prévisions du marché, en raison d’un excédent attendu de 1,9 million de barils par jour (b/j) déjà intégré dans les estimations.
L’incident impliquant la saisie d’un pétrolier au large des côtes du Venezuela par les États-Unis la semaine dernière a eu un impact limité sur le marché, les commerçants et les analystes soulignant la présence d’importants stocks flottants et une augmentation des achats chinois de pétrole vénézuélien en anticipation de nouvelles sanctions.
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