Publié le 3 octobre 2025 23:19:00. Un photojournaliste français, Antoni Lallican, a été tué dans l’est de l’Ukraine par une attaque de drone, marquant une escalade des dangers auxquels sont confrontés les reporters sur le terrain. Cet incident souligne la menace croissante que représentent les drones russes pour les journalistes et les civils dans la zone de conflit.
- Antoni Lallican, un photojournaliste expérimenté, a été tué par un drone dans la région du Donbass.
- Un journaliste ukrainien, Heorgiy Ivanchenko, a été blessé lors de la même attaque.
- C’est la première fois qu’un journaliste est tué par un drone en Ukraine, selon la Fédération européenne des journalistes.
Le photojournaliste français Antoni Lallican a perdu la vie dans la région orientale de l’Ukraine, frappé par un drone vendredi matin, a annoncé la Fédération européenne des journalistes (FEJ) ainsi que l’Union nationale des journalistes français (SNJ). Heorgiy Ivanchenko, un journaliste ukrainien, a également été blessé lors de cette attaque. Les deux hommes portaient des gilets de protection clairement identifiés avec la mention « Presse ».
Selon la FEJ, cet événement constitue une première tragique : c’est la première fois qu’un journaliste est tué par un drone dans le cadre du conflit ukrainien. Sergiy Tomilenko, président de l’Union nationale des journalistes d’Ukraine (SNJU), a dénoncé une situation alarmante :
« Aujourd’hui, en Ukraine, la principale menace pour les journalistes, et plus largement pour tous les civils, est celle des drones russes qui traquent les individus. Ce ne sont pas des dommages collatéraux de la guerre. En ciblant les journalistes, l’armée russe traque délibérément ceux qui tentent de documenter les crimes de guerre. »
Les circonstances exactes de l’incident, survenu vers 9h20 heure locale vendredi, font actuellement l’objet d’une enquête.
Les travaux d’Antoni Lallican ont été publiés dans de nombreux médias de premier plan, dont Le Monde, Le Figaro et Libération en France, ainsi que Der Spiegel, Zeit et Die Welt en Allemagne. Il s’était rendu en Ukraine en mars 2022, peu après le lancement de l’invasion à grande échelle par la Russie, et y a travaillé intensivement pour documenter les conséquences de la guerre.
Son reportage s’est particulièrement concentré sur la vie des habitants du bassin minier du Donbass, dans le sud-est de l’Ukraine. En janvier dernier, il avait reçu le prix Victor Hugo 2024 pour sa photographie engagée, « Soudain le ciel assombri », un témoignage poignant sur la guerre en Ukraine.
« Victime d’une attaque de drone russe »
Le président français Emmanuel Macron a exprimé ses condoléances à la famille et aux proches d’Antoni Lallican sur le réseau social X. Il a précisé que le photojournaliste accompagnait l’armée ukrainienne sur le front et a été victime d’une attaque de drone russe.
« J’ai appris avec une profonde tristesse sa mort, victime d’une attaque de drone russe. »
Dans son dernier message publié sur Instagram le 21 septembre, accompagnant une photographie d’un habitant du Donbass, Lallican évoquait une avancée « accélérée » des forces russes dans cette région de l’est de l’Ukraine.
« Alors que la ligne de front se rapproche et que les bombardements s’intensifient, la population diminue régulièrement. Pour les soldats déployés là-bas, la vie quotidienne est marquée par le tonnerre de l’artillerie et la puissance des bombes glissantes russes. Les bombardements ont été ajoutés, le déploiement massif de drones Kamikaze, maintenant omniprésent. »
(France avec AFP)