Publié le 3 décembre 2025 à 20h22. Une mission diplomatique menée par Steve Witkoff et Jared Kushner à Moscou n’a pas permis de percée significative dans la recherche d’un accord de paix en Ukraine, malgré cinq heures de discussions avec Vladimir Poutine, laissant planer le doute sur les perspectives d’une résolution rapide du conflit.
- La rencontre avec Vladimir Poutine n’a pas abouti à des progrès tangibles pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
- Le plan de paix en 28 points, élaboré par l’équipe de Donald Trump, suscite des critiques en Ukraine, en Europe et aux États-Unis.
- Le Kremlin maintient ses positions sur les questions territoriales, notamment le Donbass, conditionnant toute solution à la renonciation de l’Ukraine à ces régions.
Le retour aux États-Unis, ce mercredi, de Steve Witkoff et Jared Kushner, émissaires de Donald Trump auprès de Vladimir Poutine, s’est fait sans annonce de progrès majeur dans les négociations visant à mettre fin à la guerre en Ukraine. Cette mission diplomatique, qui avait suscité un certain optimisme affiché par l’ancien président américain, semble avoir buté sur les positions inflexibles du Kremlin.
La réunion, qui a duré près de cinq heures, a permis d’échanger sur un plan de paix en 28 points, conçu par Witkoff et inspiré en partie par un plan similaire qu’il avait promu à Gaza. Ce plan, élaboré en étroite collaboration avec la Russie, prévoit notamment la rétrocession à Moscou de l’ensemble du Donbass, y compris les 20 % de la province de Donetsk encore contrôlés par l’Ukraine, ainsi que la renonciation à toute perspective d’adhésion à l’OTAN. Des concessions jugées inacceptables par Kiev, ses alliés européens et une partie de l’establishment politique américain.
Les négociateurs de Trump ont tenté d’édulcorer ce plan lors de discussions avec une délégation ukrainienne en Floride, deux jours avant leur rendez-vous à Moscou. Cependant, le Kremlin a clairement indiqué qu’aucune option d’accord n’avait été trouvée. Selon Youri Ouchakov, conseiller en politique étrangère de Poutine, les conversations ont été « très utiles, constructives et substantielles », mais « pour l’instant, aucune option d’accord n’a été trouvée ». Cette rencontre faisait suite à une discussion avec une délégation ukrainienne en Floride.
Ouchakov a précisé que certaines propositions américaines étaient « plus ou moins acceptables », mais que le président Poutine avait exprimé une « vision critique ou négative » sur d’autres aspects, jugeant certaines formulations « inacceptables ». Il a toutefois souligné que ces divergences s’inscrivaient dans un processus de négociation normal et que les discussions restaient ouvertes.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a fait part de son scepticisme quant aux perspectives de progrès, lors d’une interview à Fox News.
« Il y a eu quelques progrès », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que, concernant le plan de l’administration Trump, « nous n’en sommes pas encore là, nous n’en sommes pas encore proches ».
Marco Rubio, secrétaire d’État américain
La Russie a également souligné l’importance des récents succès militaires sur le front ukrainien, affirmant qu’ils avaient eu un « impact positif » sur le déroulement des pourparlers. Vladimir Poutine avait d’ailleurs mis en garde l’Europe contre toute escalade du conflit, affirmant que la Russie était prête à répondre à une éventuelle agression.
La stratégie de Poutine semble consister à user de patience, à éroder le soutien occidental à l’Ukraine et à gagner du temps sur le terrain. Alors que les ministres des Affaires étrangères de l’OTAN se sont réunis à Bruxelles pour réaffirmer leur soutien à Kiev, l’absence de Marco Rubio à cette réunion souligne les divergences au sein de la communauté internationale sur la meilleure voie à suivre pour résoudre le conflit.
« Seul Poutine peut mettre fin à cette guerre », a déclaré Rubio dans une interview télévisée. La réalité est que le président russe ne veut pas le faire.
Marco Rubio, secrétaire d’État américain
La question centrale reste de savoir si Donald Trump est prêt à exercer une pression suffisante sur Poutine et sur le président ukrainien Volodymyr Zelensky pour les amener à accepter des compromis qu’ils ont jusqu’à présent refusés. Les négociateurs ukrainiens doivent retourner aux États-Unis pour faire le point sur les résultats de la réunion de Moscou et discuter des prochaines étapes.
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