Le Programme des Nations unies pour le développement a alerté sur une triple menace pesant sur les pays en développement. L’augmentation des coûts de l’énergie, un phénomène climatique El Niño et des taux d’emprunt élevés menacent de replonger des millions de personnes dans la pauvreté.
À l’approche des réunions annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Bangkok, les institutions internationales mesurent l’ampleur d’une conjonction de crises qui asphyxie les économies vulnérables. L’administrateur du PNUD, Alexander De Croo, a déclaré que ces nations subissent une pression intenable, tiraillées de toutes parts par des chocs exogènes majeurs.
Le fardeau de la dette et l’explosion des coûts d’emprunt
Les marchés obligataires mondiaux imposent des conditions draconiennes aux pays en développement. Le coût du financement par obligations atteint environ 9 % pour ces États, une situation qualifiée de critique par l’administration onusienne selon les déclarations de De Croo, qui a souligné que ce niveau est « vraiment, vraiment élevé ».

Les rendements des bons du Trésor américain à 10 ans ont atteint 5,3 %, leur plus haut niveau depuis 2002, propageant une onde de choc sur les marchés internationaux et alourdissant considérablement le service de la dette des pays fragiles.
L’impact des cours pétroliers et du climat sur les populations
La situation énergétique amplifie les difficultés budgétaires des États. Les cours du pétrole ont dépassé le seuil des 100 dollars le baril à la suite de la reprise des hostilités au Moyen-Orient. Au-delà des prix du carburant, ce renchérissement touche directement l’approvisionnement alimentaire et pèse lourdement sur les finances publiques.
Parallèlement, la planète subit l’épisode El Niño le plus puissant enregistré depuis 1950 selon les analyses du PNUD — qui évoque par ailleurs, dans son rapport publié avant les réunions, le pire phénomène climatique de ce type en près de mille ans. Ce phénomène menace directement les récoltes et les systèmes alimentaires à travers l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine, faisant craindre une aggravation rapide de l’insécurité alimentaire.
Perspectives d’intervention et incertitudes pour le printemps
L’économiste en chef du PNUD, George Gray Molina, a indiqué qu’en septembre, plusieurs gouvernements avaient commencé à répercuter la hausse des coûts sur les citoyens en raison de l’épuisement de leurs marges de manœuvre budgétaires.

Les tensions économiques se traduisent déjà par des mouvements sociaux. Le PNUD a recensé des manifestations et des troubles liés à la cherté de la vie dans dix pays au cours du seul mois de septembre. Interrogés par l’organisation, vingt-six pays ont évalué la situation, et tous estiment que le pire reste à venir.
Pour chacun des trois éléments que nous avons mentionnés – les prix des carburants, El Niño et les marchés obligataires –, malheureusement, pour chacun d’eux à l’heure actuelle, nous ne voyons aucune lumière au bout du tunnel.
Alexander De Croo, administrateur du PNUD
Les responsables onusiens rappellent les précédents de la crise sanitaire, lorsque le G20 avait mis en place un moratoire sur le service de la dette. Des mesures de liquidité similaires, telles que les lignes de swap de devises activées par la Réserve fédérale américaine, sont aujourd’hui réclamées pour éviter un blocage généralisé des marchés financiers internationaux avant le printemps.