Publié le 12 octobre 2025 à 06h25. Une nouvelle étude remet en question l’attribution d’un célèbre portrait d’enfance de Marie-Antoinette, suggérant qu’il pourrait en réalité représenter sa sœur aînée, Maria Carolina.
- Un portrait de Jean Etienne Liotard, longtemps considéré comme celui de la jeune Marie-Antoinette, serait en fait celui de sa sœur Maria Carolina.
- La professeure Catriona Seth, de l’Université d’Oxford, a identifié des indices dans le tableau qui pointent vers l’identité de Maria Carolina.
- Un autre dessin de Liotard, auparavant attribué à Maria Carolina, pourrait quant à lui représenter la jeune Marie-Antoinette.
Longtemps perçu comme un témoignage des prémices d’un destin exceptionnel, un dessin de la main du peintre suisse Jean Etienne Liotard, datant de 1762, est au cœur d’une réévaluation historique. La professeure Catriona Seth, spécialiste de l’histoire de France à l’Université d’Oxford, avance désormais l’hypothèse que cette œuvre représente en réalité Maria Carolina, l’aînée des filles de l’impératrice Marie-Thérèse d’Autriche, future reine de Naples.
L’élément déclencheur de cette réinterprétation réside dans un détail vestimentaire. La jeune fille représentée sur le dessin porte une médaille d’un ordre de chevalerie réservé aux frères et sœurs de la famille royale. Or, Marie-Antoinette n’a reçu cette distinction que près de quatre ans après la réalisation du portrait. « J’ai pensé qu’il devait y avoir un échange entre les enfants représentés dans les différents portraits », explique la professeure Seth.
Selon cette nouvelle analyse, un autre dessin de Liotard, initialement identifié comme celui de Maria Carolina, pourrait en fait être celui de la jeune Marie-Antoinette. Ce dernier la montre portant des boucles d’oreilles distinctives et tenant une rose, des éléments qui correspondent à des portraits ultérieurs de la reine de France. La professeure Seth a d’ailleurs retrouvé une photographie ultérieure de Marie-Antoinette portant les mêmes boucles d’oreilles, et la rose était un motif récurrent dans les portraits de la reine tout au long de sa vie.
Marc-Olivier Wahler, directeur du Musée d’Art et d’Histoire (MAH) de Genève, se réjouit de cette nouvelle perspective :
« Bien que ces portraits remarquables aient été exposés à plusieurs reprises au cours des 250 dernières années, il sera très spécial de voir Marie-Antoinette telle qu’elle était réellement, plutôt que de la confondre avec sa sœur. »
Marc-Olivier Wahler, directeur du MAH
Marie-Antoinette, née en Autriche en 1755, fut envoyée en France pour épouser le futur roi Louis XVI. Son destin tragique l’a conduite à la guillotine en 1793, à l’âge de 37 ans, aux côtés de son époux, au plus fort de la Révolution française.
