Home MondeLe Premier ministre espagnol nie la corruption lors d’une audience houleuse au Sénat

Le Premier ministre espagnol nie la corruption lors d’une audience houleuse au Sénat

by Clara Dubois

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s’est retrouvé sur la sellette jeudi devant une commission sénatoriale, accusé de ne pas avoir agi face à des allégations de corruption impliquant des membres de son parti. L’audition, tendue et de plus de cinq heures, s’est transformée en joute verbale où Sánchez a dénoncé une « chasse aux sorcières » orchestrée par l’opposition.

L’affaire, baptisée « Caso Koldo », concerne des contrats publics attribués pendant la pandémie de Covid-19 pour l’acquisition de matériel sanitaire. Des enquêtes ont mis en lumière des soupçons de pots-de-vin et impliquent d’anciens hauts responsables socialistes, dont José Luis Ábalos, ex-ministre des Transports, et Santos Cerdán, un ancien cadre du parti. Koldo García, ancien conseiller d’Ábalos, est également au centre de l’enquête, qui a conduit à l’arrestation de Cerdán et à une perquisition au siège du Parti socialiste à Madrid.

Pedro Sánchez a fermement nié toute implication personnelle dans ces affaires, affirmant que le financement de son parti était « absolument propre ». Il a également défendu la légalité des paiements en espèces, à condition qu’ils soient justifiés par des reçus. Interrogé sur le limogeage d’Ábalos en 2021, il a souligné qu’il s’agissait d’une décision « fondamentalement politique », ajoutant que « faire l’objet d’une enquête n’est pas une condamnation ».

Le Parti populaire (PP), principal parti d’opposition et majoritaire au Sénat, cherche à prouver que Sánchez était au courant, voire complice, de ces pratiques. Le Premier ministre a répliqué en critiquant la gestion des scandales de corruption par le PP dans le passé, affirmant que les socialistes avaient agi avec « une fermeté absolue » contre les personnes impliquées.

L’atmosphère était électrique durant l’audience, le président conservateur de la commission réprimandant fréquemment les sénateurs et Sánchez pour leurs interruptions et leurs digressions. Sánchez a dénoncé à plusieurs reprises les débats comme un « cirque », une « chasse aux sorcières », un « bain de boue » et une « militarisation grossière » du Sénat.

Par ailleurs, des enquêtes distinctes pour corruption ciblent l’épouse de Sánchez, Begoña Gómez, et son frère David Sánchez. Le procureur général, nommé par les socialistes, sera également jugé la semaine prochaine pour divulgation de secrets juridiques.

Face à cette accumulation de scandales, Pedro Sánchez a annoncé en juillet des mesures anti-corruption afin de maintenir le soutien de ses alliés, notamment le parti d’extrême gauche Sumar et d’autres partis régionaux, essentiels à la stabilité de sa coalition gouvernementale.

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