Publié le 27 novembre 2025 10h33. Des chercheurs britanniques lancent un essai clinique mondial inédit pour tester un vaccin préventif contre le cancer du poumon, une maladie particulièrement agressive, ciblant les personnes à haut risque avant même l’apparition de la tumeur.
- Un essai clinique de phase I va évaluer la sécurité et la dose optimale du vaccin expérimental LungVax.
- Le vaccin vise à stimuler le système immunitaire pour qu’il reconnaisse et élimine les cellules pulmonaires présentant des anomalies tumorales.
- Environ 48 500 cas de cancer du poumon sont diagnostiqués chaque année au Royaume-Uni, dont 72 % liés au tabagisme.
La lutte contre le cancer du poumon, l’une des principales causes de décès par cancer, pourrait connaître une nouvelle approche grâce à cette initiative prometteuse. L’objectif est de passer d’une logique de traitement à une stratégie de prévention, en intervenant le plus tôt possible dans le développement de la maladie. L’essai clinique, financé à hauteur de plus de 2,3 millions d’euros (environ 3,7 millions de dollars canadiens) par Cancer Research UK et la CRIS Cancer Foundation, est mené conjointement par l’University College London (UCL) et l’Université d’Oxford.
Le principe du vaccin repose sur la capacité du système immunitaire à identifier les cellules cancéreuses dès les premiers stades de leur transformation. Ces cellules présentent en effet des antigènes anormaux, appelés néoantigènes et antigènes associés aux tumeurs, qui les distinguent des cellules saines. Le vaccin expérimental LungVax contient des instructions génétiques destinées à “entraîner” le système immunitaire à reconnaître ces antigènes spécifiques et à cibler les cellules pulmonaires anormales avant qu’elles ne forment une tumeur.
La technologie utilisée pour administrer ces instructions au système immunitaire est issue des recherches menées à Oxford pendant la pandémie de Covid-19. L’essai clinique, dont le lancement effectif est prévu pour l’été 2026 sous réserve d’approbation réglementaire, se déroulera en deux phases. La première phase, qui durera quatre ans, se concentrera sur l’évaluation de la sécurité du vaccin et la détermination de la dose optimale. Elle impliquera des patients ayant déjà été traités avec succès pour un cancer du poumon à un stade précoce, mais présentant un risque de récidive, ainsi que des participants au programme national de dépistage du cancer du poumon au Royaume-Uni.
Si les résultats de cette première phase sont encourageants, des études plus vastes seront menées pour évaluer l’efficacité du vaccin à grande échelle. Les chercheurs soulignent que ce vaccin ne se substitue pas à l’arrêt du tabac, qui reste la mesure la plus efficace pour réduire les risques de cancer du poumon, mais qu’il pourrait constituer une alternative préventive pour les personnes vulnérables.
Selon Cancer Research UK, ce projet représente une étape cruciale vers un avenir où la prévention des cancers deviendrait possible grâce à un dépistage rigoureux et à une meilleure compréhension de la biologie précoce des tumeurs et des mécanismes de l’immunité. Il est important de noter qu’il s’agit d’un vaccin expérimental, en phase initiale d’évaluation clinique, et qu’il n’est pas encore approuvé pour une utilisation clinique.
Pour en savoir plus sur les recherches de l’UCL : https://www.ucl.ac.uk/news/2025/nov/worlds-first-trial-lung-cancer-vaccine-launched

Image d’un lobe pulmonaire montrant la propagation des cellules exprimant le marqueur basal Krt5. Le marqueur basal Krt5 (kératine 5) est une protéine structurale produite par les cellules basales des épithéliums, notamment les voies respiratoires. Dans le poumon, l’apparition/expansion de cellules Krt5-positives indique l’activation ou la prolifération d’un type de cellule épithéliale « de rechange », fréquemment observé dans des contextes de lésion, de régénération ou de transformation tumorale précoce. Crédit: UCL
