L’administration Trump retire le soutien du programme PEPFAR en Afrique du Sud, avec une fin prévue pour la majorité des services en septembre 2026. Selon Responsible Statecraft, cette décision découle d’allégations non prouvées de « génocide » contre la population afrikaner, menaçant l’accès aux traitements pour des millions de personnes.
Le motif politique derrière le retrait du PEPFAR
Le retrait des services de prévention et de traitement du VIH/Sida en Afrique du Sud s’inscrit dans une stratégie politique ciblée. Un responsable du Département d’État, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué que l’administration a choisi de couper les fonds en réponse à l’incapacité présumée du pays à protéger sa population blanche afrikaner. Donald Trump a qualifié cette situation de « génocide », bien qu’aucun élément de preuve n’ait été fourni pour soutenir cette affirmation. Cette mesure fait suite à un décret signé en janvier 2025, peu après le début du second mandat du président, suspendant une grande partie de l’aide humanitaire et au développement vers le pays. Paradoxalement, ce même décret a accordé le statut de réfugié aux Afrikaners affirmant fuir la violence, une exception notable à la politique globale de réduction drastique de l’immigration et des réfugiés menée par Washington.Un impact sanitaire et financier massif
L’Afrique du Sud possède le plus grand nombre de personnes séropositives au monde, avec 7,8 millions de cas, soit environ 13 % de sa population. Le programme PEPFAR, lancé en 2003 sous George W. Bush, a injecté près de 8 milliards de dollars dans le pays depuis sa création. Selon Responsible Statecraft, le PEPFAR représentait environ 17 % du budget annuel de lutte contre le VIH en Afrique du Sud, soit environ 400 millions de dollars par an. L’arrêt brutal de ce financement menace des infrastructures critiques. Une analyse menée par des chercheurs en santé estime que la fin complète du PEPFAR pourrait entraîner :- Entre 1,1 et 2,1 millions de nouvelles infections au VIH sur les deux prochaines décennies.
- Entre 519 000 et 712 000 décès sur la même période.
L’accès au lenacapavir en péril
La réduction du soutien américain intervient au moment où l’Afrique du Sud déploie le lenacapavir, un nouveau médicament injecté deux fois par an pour les personnes à haut risque. Le coût actuel de ce traitement est d’environ 28 000 dollars par personne et par an. Bien qu’une version générique coûtant environ 40 dollars par personne soit attendue l’année prochaine, Responsible Statecraft rapporte que les pénuries de financement actuelles limitent sévèrement l’accès au médicament. Les coupes budgétaires ont déjà réduit les services de santé communautaires, notamment les tests de dépistage et l’accès aux médicaments préventifs.Une transition institutionnelle marquée par le chaos
Au-delà des chiffres, c’est la structure même de l’aide qui s’effondre. L’organisation AVAC souligne que le Département d’État n’a pas encore mis en place de système de mise en œuvre viable pour maintenir les chaînes d’approvisionnement, les laboratoires et les programmes communautaires.« Le démantèlement de l’USAID a montré ce qui arrive quand l’Administration détruit un système d’exploitation avant qu’un remplacement n’existe. Ce chaos n’était pas un accident, mais il a été soudain »

Find more reporting in our Santé section.
