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Le président colombien Petro accuse les États-Unis de violation du droit international après la révocation du visa

by Nicolas Lefèvre

Bogotá et Washington s’affrontent ouvertement après la révocation du visa du président colombien Gustavo Petro, une décision qu’il dénonce comme une violation du droit international. Cette mesure fait suite à la participation de M. Petro à un rassemblement pro-palestinien à New York et à ses critiques concernant l’offensive israélienne à Gaza.

Le président colombien a annoncé samedi qu’il n’avait plus le droit de se rendre aux États-Unis. Sur les réseaux sociaux, il a minimisé l’impact de cette décision, affirmant : « Je n’ai plus de visa pour voyager aux États-Unis. Je m’en fiche. Je n’ai pas besoin d’un visa… parce que je suis non seulement citoyen colombien mais aussi citoyen européen, et je me considère vraiment comme une personne libre dans le monde. »

M. Petro a également estimé que la révocation de son visa, motivée selon les États-Unis par sa participation à un événement pro-palestinien et ses appels à la désobéissance envers l’administration américaine, est une preuve du manque de respect des États-Unis envers le droit international. Il a déclaré sur X (anciennement Twitter) : « Le révoquer pour avoir dénoncé un génocide montre que les États-Unis ne respectent plus le droit international. » Israël rejette fermement les accusations de génocide liées à ses opérations à Gaza, arguant qu’il s’agit d’une action de légitime défense.

Lors de son passage devant le siège des Nations Unies à Manhattan, M. Petro avait plaidé pour la création d’une force armée internationale dédiée à la libération des Palestiniens, une force qu’il souhaiterait « plus grande que celle des États-Unis ».

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre la Colombie et les États-Unis. Les relations diplomatiques se sont dégradées depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Au début de l’année, M. Petro avait bloqué les vols d’expulsion de migrants vers la Colombie, ce qui avait entraîné des menaces de sanctions de la part des États-Unis. Un accord a finalement été trouvé pour résoudre ce différend.

En juillet dernier, les deux pays avaient rappelé leurs ambassadeurs respectifs après que M. Petro ait accusé des responsables américains de soutenir un coup d’État, une allégation que Washington a qualifiée d’infondée. Plus tôt, en 2024, la Colombie avait rompu ses relations diplomatiques avec Israël et interdit les exportations de charbon colombien vers ce pays.

Il est à noter que ce n’est pas la première fois qu’un président colombien se voit retirer son visa américain. En 1996, Ernesto Samper avait également vu son visa annulé en raison d’un scandale politique lié à des accusations de financement illégal de sa campagne présidentielle par le cartel de Cali.

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