Le président de Cornell University, Michael Kotlikoff, a affronté à Ithaca des membres d’une faculté en colère alors que le Sénat académique examine une motion de défiance liée à la gestion d’une accusation de viol collectif visant un membre d’une fraternité.
Le Sénat académique de Cornell examine une motion de défiance contre la direction
Le climat est particulièrement tendu au sein de l’université. Le président de l’établissement, Michael Kotlikoff, a fait face le mercredi aux critiques acerbes des professeurs lors d’une réunion à huis clos. Cette confrontation intervient au moment même où le Sénat académique se penche sur une résolution de défiance à l’encontre de sa direction.
Le vote de défiance des enseignants revêt un caractère principalement symbolique. Il est susceptible d’envoyer un signal fort au conseil d’administration de l’université, qui détient le pouvoir ultime quant à la gouvernance de l’institution et à l’avenir de sa présidence.

La direction reconnaît de graves manquements dans le dossier Jane Doe
La fronde des enseignants trouve son origine dans le traitement d’une plainte déposée par une étudiante identifiée sous le pseudonyme de Jane Doe. Celle-ci accuse sept membres de la fraternité Chi Phi de l’avoir agressée sexuellement en octobre 2024. Les hommes visés ont nié ces accusations, invoquant le consentement ou leur non-implication dans les faits.
La police locale et le procureur avaient rapidement classé l’enquête criminelle faute de preuves en 2024. Le dossier a rebondi suite aux révélations de la direction : dans un entretien accordé au New York Times, Michael Kotlikoff a reconnu qu’il n’avait jamais suivi l’évolution de la situation de la victime ni vérifié si les étudiants mis en cause avaient été sanctionnés par la procédure interne de l’université.
Le corps enseignant était extrêmement en colère. Ils lui ont vraiment mis des bâtons dans les roues, et je pense que c’était justice.
Richard Bensel, professeur de gouvernement, via The Boston Globe
Richard Bensel, professeur de gouvernement présent lors des échanges, a estimé qu’environ quatre-vingts pour cent des professeurs présents avaient perdu confiance en l’administration actuelle. L’universitaire a rappelé que le Sénat réclamait depuis des années des réformes des procédures disciplinaires sans être entendu.
L’université interdit les soirées de fraternité et saisit la police d’État
Michael Kotlikoff a annoncé une interdiction des fêtes de fraternités jusqu’à la fin de l’année académique. Il a également acté un changement dans le traitement des enquêtes sur les agressions sexuelles, qui seront désormais confiées à la police de l’État de New York plutôt qu’aux services de sécurité du campus.
Certains regrettent que ces mesures fortes interviennent précisément à la veille du débat sur la motion de défiance. Les discussions sur le texte doivent se poursuivre le 28 octobre, date à laquelle s’ouvrira le vote électronique pour les membres du Sénat.