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Le président de la Lettonie a opposé son veto à la loi de retrait de la Convention d’Istanbul

Publié le 3 novembre 2025 à 22h35 CET. Le président letton, Edgars Rinkevics, a annoncé son intention de renvoyer devant le Parlement la loi controversée visant à retirer la Lettonie de la Convention d'Istanbul sur la prévention et…

Le président de la Lettonie a opposé son veto à la loi de retrait de la Convention d’Istanbul

Publié le 3 novembre 2025 à 22h35 CET. Le président letton, Edgars Rinkevics, a annoncé son intention de renvoyer devant le Parlement la loi controversée visant à retirer la Lettonie de la Convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre les violences faites aux femmes, après un vote serré en faveur de ce retrait.

  • Le Parlement letton (Saeima) a voté le 31 octobre en faveur du retrait du pays de la Convention d’Istanbul.
  • 56 députés ont soutenu le retrait, invoquant une opposition à ce qu’ils qualifient de « féminisme radical » et d’« idéologie du genre ».
  • Le président Rinkevics estime que cette décision envoie un message contradictoire et pourrait nuire à l’image internationale de la Lettonie.

Edgars Rinkevics a indiqué qu’il demanderait à la Saeima de reconsidérer sa décision, soulignant que la ratification puis la dénonciation de la Convention au cours d’un même mandat parlementaire est incohérente. Dans une lettre, il a mis en garde contre les conséquences d’un tel acte sur les engagements internationaux de la Lettonie.

« La ratification et la dénonciation de la Convention au cours d’un mandat de la Saeima envoie un message contradictoire à la société lettone et aux alliés internationaux de la Lettonie quant à la volonté de la Lettonie de remplir ses obligations internationales de bonne foi. »

Edgars Rinkevics, président letton

Le président a également suggéré qu’il serait peut-être préférable de laisser la prochaine assemblée, issue des élections générales prévues au plus tard le 3 octobre 2026, trancher définitivement sur cette question. Il rappelle qu’il a le droit constitutionnel de demander un second examen, mais qu’il ne peut pas annuler unilatéralement la décision parlementaire.

La Convention d’Istanbul, signée par 45 pays et l’Union européenne en 2019, vise à protéger les femmes contre toutes les formes de violence, y compris la violence domestique. Cependant, elle suscite l’opposition de groupes conservateurs qui y voient une promotion de l’« idéologie du genre » et une menace pour les valeurs traditionnelles.

L’initiative de retrait a été lancée en septembre par des députés de l’opposition, rejoints par l’Union des Verts et des Paysans, un parti membre de la coalition gouvernementale dirigée par la Première ministre Evika Siliņa. Cette dernière, dont le gouvernement s’était engagé à ratifier la Convention lors de son accession au pouvoir en 2023, a publiquement critiqué cette volte-face.

« Ceux qui ont eu le courage de demander de l’aide voient désormais leurs expériences utilisées dans des batailles politiques. C’est cruel. »

Evika Siliņa, Première ministre lettone

La Commission européenne a rappelé que la Lettonie restera tenue de respecter les normes internationales en matière de protection des femmes, même en cas de retrait de la Convention. Plus d’informations sur la position de la Commission européenne.

Les organisations de la société civile ont dénoncé cette décision comme un recul majeur en matière de droits fondamentaux. La Lettonie serait le premier État membre de l’Union européenne à se retirer d’un traité international relatif aux droits de l’homme. L’UE a elle-même adhéré à la Convention d’Istanbul en 2023, la rendant juridiquement contraignante pour ses 27 États membres dans les domaines de compétence de l’Union.

Il est à noter que plusieurs pays européens, dont la Bulgarie, la Hongrie, la Slovaquie, la République tchèque et la Lituanie, n’ont pas encore ratifié la Convention d’Istanbul.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.