Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a dénoncé ce dimanche une ingérence américaine en Amérique latine, qualifiant de « néocoloniales » les actions de Washington, notamment au Venezuela. Dans un article publié par le New York Times, il a appelé à une nouvelle approche basée sur le respect de la souveraineté et du droit international.
Lula da Silva a pris position contre toute intervention unilatérale, en particulier en réaction à une publication du Département d’État américain qui justifiait une possible intervention dans les pays d’Amérique. Il a fermement condamné les bombardements américains sur le territoire vénézuélien et la menace de capture du président Nicolas Maduro, qualifiant ces actions de « chapitre le plus regrettable de l’érosion continue du droit international » survenue depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
« Lorsque le recours à la force pour résoudre les différends cessera d’être l’exception et deviendra la règle, la paix, la sécurité et la stabilité mondiales seront menacées », a-t-il averti. Le président brésilien a également rejeté la doctrine Monroe, qu’il considère comme une tentative d’hégémonie américaine sur le continent, et a dénoncé une réédition de cette doctrine sous l’administration de Donald Trump.
« Nous ne nous soumettrons pas aux projets hégémoniques », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de construire une région « prospère, pacifique et plurielle ». Il a souligné que l’avenir du Venezuela, comme celui de tout autre pays, doit être déterminé par son propre peuple, à travers un processus politique inclusif.
Lula da Silva a mis en garde contre les conséquences des actions unilatérales, qui, selon lui, menacent la stabilité mondiale, perturbent le commerce et les investissements, et augmentent les flux de réfugiés. Il a également exprimé son inquiétude face à l’instabilité que les États-Unis sèment en Amérique latine et dans les Caraïbes, une région qui aspire à la paix fondée sur l’égalité souveraine et le respect de l’autodétermination des peuples.
Le président brésilien a rappelé que l’Amérique latine et les Caraïbes comptent plus de 660 millions d’habitants, et que chaque nation a ses propres intérêts et aspirations. Il a appelé les grandes puissances à comprendre qu’un monde basé sur l’hostilité permanente n’est pas viable et qu’elles ne peuvent pas s’appuyer uniquement sur la peur et la coercition.
« L’histoire a montré que le recours à la force ne nous rapprochera jamais de ces objectifs. La division du monde en zones d’influence et les incursions néocoloniales à la recherche de ressources stratégiques sont des pratiques obsolètes et néfastes », a-t-il conclu.
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