La Suisse maintient ses sanctions à l’encontre de Delcy Rodríguez, désormais présidente par intérim du Venezuela suite à l’arrestation de Nicolás Maduro par les États-Unis début janvier. Ces mesures, initialement adoptées en 2018, comprennent un gel des avoirs et une interdiction d’entrée sur le territoire suisse.
Le Conseil fédéral avait imposé ces sanctions en mars 2018, exprimant sa « très grande préoccupation » face aux violations répétées des libertés individuelles et au non-respect de la séparation des pouvoirs au Venezuela. À l’époque, le régime de Maduro avait dissous l’Assemblée nationale, dominée par l’opposition et élue deux ans auparavant. Plus d’une centaine de personnes avaient été tuées lors des manifestations qui ont suivi cette dissolution.
Le 5 janvier, après l’arrestation de Maduro, la Suisse a élargi ces mesures à 36 de ses proches, gelant également leurs avoirs. Parallèlement, les autorités vénézuéliennes ont décrété un « état de troubles extérieurs » face à l’intervention américaine, suscitant des craintes d’une intensification de la répression.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme s’est dit cette semaine préoccupé par l’état d’urgence, qui autorise notamment la suspension des libertés de réunion et de manifestation. À Caracas, la peur d’être emprisonné pour toute forme de résistance au pouvoir est palpable.
« Ici, il n’y a pas d’État de droit. C’est un autoritarisme assez dur », témoigne une jeune femme de Caracas, souhaitant rester anonyme, craignant une aggravation de la crise et de la répression.
Le Département des Affaires étrangères (DDEA) suisse met en garde contre les conséquences de l’état d’urgence, soulignant une situation très tendue et une évolution incertaine. Des manifestations, potentiellement violentes, sont possibles, et des affrontements ont déjà fait des victimes et des blessés dans le contexte des tensions politiques actuelles.
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