Les négociations commerciales entre la Corée du Sud et les États-Unis patinent à quelques jours d’un sommet crucial, laissant planer le spectre d’un accord manqué. Séoul se montre désormais prête à envisager une prolongation des discussions, quitte à accepter temporairement des droits de douane de 25 %, face à des exigences américaines jugées excessives.
Après deux heures de pourparlers à Washington le 22 septembre, le directeur politique du bureau présidentiel coréen, Kim Yong-beom, a reconnu des « progrès », mais a souligné la nécessité de « discussions supplémentaires » sur les derniers points de friction. « Ce n’est pas la phase finale, les négociations ne seront terminées que lorsqu’elles seront terminées », a-t-il déclaré à la presse, tout en admettant qu’une nouvelle rencontre avec le secrétaire américain au Commerce, Howard Rutnick, serait difficile à organiser dans l’immédiat.
La principale pierre d’achoppement réside dans un plan d’investissement américain de 350 milliards de dollars (environ 501 000 milliards de wons). Les deux parties s’efforcent de trouver un compromis sur la proportion d’investissements en liquidités, la possibilité d’échelonner les versements sur plusieurs années et la répartition des bénéfices. Séoul souhaite éviter une pression excessive sur ses réserves de change, limitant les sorties annuelles à 15 à 20 milliards de dollars.
Le ministre des Affaires étrangères Cho Hyun a déclaré à la radio MBC qu’il n’était pas impératif de fixer une date limite, mais a insisté sur la primauté des « intérêts nationaux » et de la « rationalité commerciale ». Il a ajouté que la Corée du Sud était prête à prolonger les négociations si nécessaire.
Les exigences américaines ont été qualifiées d’« extorsion de type mafieux » par la chaîne CNN, dans une interview avec le président Lee Jae-myung. Ce dernier a toutefois exprimé son optimisme quant à la possibilité de parvenir à un « résultat raisonnable », tout en reconnaissant que « beaucoup de temps et d’efforts » seraient nécessaires.
Au sein du gouvernement coréen, un débat émerge sur la stratégie à adopter. Si l’option privilégiée jusqu’à présent consistait à faire quelques concessions pour parvenir à un accord lors du sommet prévu le 29 septembre, l’idée de poursuivre les négociations après le sommet, tout en acceptant temporairement les droits de douane de 25 %, gagne du terrain.
Les autorités sud-coréennes craignent que l’absence d’accord n’ait des conséquences négatives sur l’alliance et la sécurité avec les États-Unis, et n’ouvre la voie à d’éventuelles mesures de rétorsion. Elles sont également conscientes des critiques de l’opposition conservatrice, qui remet en question la fluidité des relations bilatérales en raison de l’orientation politique du gouvernement actuel.
Certains responsables estiment que l’absence d’accord pourrait même constituer une stratégie de négociation de dernière minute, permettant d’obtenir des concessions supplémentaires de la part des États-Unis. Cependant, le gouvernement reste prudent, conscient des risques liés à une prolongation de la situation.