L’ex-patron de la banque Raiffeisen, Pierin Vincenz, a comparu ce lundi 10 août 2026 devant la Cour suprême du canton de Zurich pour l’ouverture de son procès en appel. Accusé d’escroquerie et de gestion déloyale, l’ancien banquier fait face à une procédure dont la durée des audiences est estimée à dix jours.
Une centaine de personnes se sont rassemblées lundi matin devant le tribunal zurichois pour assister au retour de Pierin Vincenz dans l’arène judiciaire. Arrivé en voiture avec son avocat, l’accusé a affiché une humeur positive, bien qu’il ait refusé de s’exprimer devant les médias présents, selon les observations d’une journaliste de Keystone-ATS.
L’audience a débuté par l’examen des questions préliminaires et des informations générales. Ce volet technique doit occuper l’intégralité de la journée de lundi. L’interrogatoire proprement dit de M. Vincenz est programmé pour le mardi 11 août. En raison de la complexité et de l’ampleur du dossier, la Cour d’appel a prévu, par mesure de précaution, dix jours d’audience, bien que la date du verdict ne soit pas encore fixée.
Une condamnation initiale en 2022
Ce procès en appel fait suite à une première condamnation prononcée en avril 2022. À l’époque, Pierin Vincenz avait été condamné en première instance à trois ans et neuf mois de prison ferme pour des faits d’escroquerie et de gestion déloyale. Son ancien associé, Beat Stocker, avait quant à lui écopé d’une peine de quatre ans.
Les procureurs reprochent aux deux hommes d’avoir orchestré des fraudes et des manigances financières. Selon Blick, le mécanisme reposait notamment sur la création de participations fantômes dans diverses entreprises, lesquelles étaient ensuite revendues à la banque Raiffeisen ainsi qu’à Aduno.
L’enquête a également révélé que M. Vincenz utilisait les fonds de frais de sa banque pour financer des activités privées. Le média Blick mentionne des dépenses effectuées dans des établissements comme le King’s Club, le Crazy Paradise ou le Cecil Dance, des lieux loin des standards habituels des salles de réunion bancaires.
L’ascension et la chute du banquier de Raiffeisen
L’histoire de Pierin Vincenz est celle d’une ascension. Fils d’un conseiller aux États des Grisons et issu d’une famille possédant des racines agricoles à Andiast, il accède à la tête du groupe Raiffeisen en 1999, devenant simultanément président du conseil d’administration d’Aduno.
Sous sa direction, la modeste banque coopérative a été transformée en troisième groupe financier du pays. En 2014, Raiffeisen intégrait même le cercle des établissements financiers d’importance systémique. Vincenz s’était alors construit une image de banquier intègre, dénonçant publiquement les profiteurs des grandes banques, avant de devoir quitter ses fonctions précipitamment en 2015.
Une vie loin des radars entre Saint-Gall et le Tessin
Depuis son premier procès, Pierin Vincenz s’était quasiment retiré de la vie publique. Si certains anciens alliés, comme Peter Spuhler (patron de Stadler) ou Dölf Früh (ancien président du FC Saint-Gall), se sont détournés de lui, d’autres sont restés fidèles. Hausi Leutenegger, millionnaire et ancien champion olympique de bobsleigh, a notamment dénoncé un scandale après la condamnation initiale, estimant que l’ancien banquier avait été utilisé comme un exemple.

L’absence prolongée de l’accusé a alimenté diverses hypothèses sur son lieu de résidence. Selon Hausi Leutenegger, M. Vincenz partagerait son temps entre Saint-Gall et les montagnes grisonnes. Toutefois, Blick affirme avoir localisé l’ancien banquier au Tessin, précisément au Monte Tamaro, quatorze jours avant son retour au tribunal.
Lors de cette randonnée, Pierin Vincenz aurait paru en pleine forme, tant physiquement que mentalement, plaisantant avec d’autres randonneurs et affirmant qu’il allait bien. Ce comportement décontracté contrastait avec l’échéance judiciaire imminente du 10 août.
| Élément | Détail vérifié |
|---|---|
| Condamnation 2022 | 3 ans et 9 mois de prison ferme |
| Date d’accès à Raiffeisen | 1999 |
| Durée prévue du procès | 10 jours d’audience |
| Chef d’accusation principaux | Escroquerie et gestion déloyale |